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Ukraine-Hongrie : Peter Filipovics : “ c’est la guerre, ici ils tirent pour de vrai…”

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En début d'année, la bataille pour le contrôle de la ville de Debaltseve, dans l'Est de l'Ukraine, a fait rage entre les forces séparatistes et l'armée régulière.
Le sommet de Minsk en février a fini par geler la situation, laissant localité aux mains de rebelles, mais permettant de faire revivre le protocole de Minsk, mis au point plusieurs mois auparavant.
Peter Filipovics est soldat dans l'armée ukrainienne. Il est issu de la minorité hongroise et vit dans l'Oblast de Transcarpathie, à l'ouest du pays.

Peter Filipovics, soldat ukrainien issu de la minorité hongroise :
'Quand ils se sont mis d'accord pour mettre en application le Protocole de Minsk, c'est le moment où il y a eu les bombardements les plus importants et c'est là qu'à débuté la prise de Debaltseve. Voilà ce qui s'est passé sur le terrain pendant que les politiques signaient de nouveaux accords à Minsk.'

Oujhorod est la capitale de la Transcarpathie. Cette ancienne ville hongroise est désormais principalement habitée par des Ukrainiens. La ville se trouve à proximité des frontières slovaques et hongroise, un véritable pont vers l'Union européenne.

Là-bas, les minorités hongroises, slovaques, russes, allemandes vivent en paix avec les Ukrainiens. Chacun respecte la culture et la religion de l'autre.

Attila Sterr, journaliste :
'Jamais personne n'a été discriminé en raison de sa langue maternelle, ou de la langue utilisée ici dans la multiculturelle Oujhorod. S'il y a des tensions, alors ce sont des tensions importées par des personnes extérieures à la Transcarpathie'.

Laszlo Brenzovics est le seul député ukrainien issu de la minorité hongroise. Selon lui, même si l'Oblast se trouve loin du théâtre de la guerre, les effets s'en font ressentir.

Laszlo Brenzovics, député ukrainien :
'La guerre affecte la Transcarptahie aussi durement que le reste de l'Ukraine. Il y a beaucoup de recrutements pour l'armée. Des centaines de personnes sont impliquées dans les opérations dans l'est de l'Ukraine.'

Peter Filipovics est revenu du front il y a deux semaines. Il estime que c'était son devoir de se battre pour son pays. De manière ironique, il explique que dans son unité le russe est la langue principale. Et ils se battaient contre des soldats qui s'exprimaient aussi en russe. C'est tout ce qu'ils savaient de leur ennemi.

Peter Filipovics, soldat ukrainien issu de la minorité hongroise :
'Les rebelles ont besoin d'une route vers la Crimée. Ils ont besoin du Donbass, des cantons de Donetsk et Lougansk. Leur but principal est d'établir une route vers la Crimée. Ils ont un soutien de la Russie : je parle de munitions, d'équipements techniques, d'hommes... pas de pain ou de boîtes de conserve. Les séparatistes n'obeissent à personne. Bon au sein de leurs unités, bien sûr, ils ont des commandants, mais ils n'écoutent pas les gens qui sont au-dessus comme les politiques russes.'

Selon Peter Filipovics sur le front les unités reçoivent beaucoup d'aide de la part de volontaires.

Peter Filipovics, soldat ukrainien issu de la minorité hongroise :
'Le gouvernement n'aide pas beaucoup. Il aide mais pas autant que les gens simples, les volontaires. Chaque semaine ils viennent en car et ils apportent des vêtements et d'autres choses, pas de munitions, mais d'autres sortes d'équipement comme des caméras thermiques. Car c'est la guerre, comme dans les films, mais ici, ils tirent pour de vrai.

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Publié le 14/05/2015