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Réfugiés : l’accord controversé entre l’UE et la Turquie fonctionne, mais jusqu‘à quand ?

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C'était il y a une dizaine de jours, un grand sourire de satisfaction affiché, la chancelière allemande Angela Merkel, le président du Conseil européen Donald Tusk, et le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu célébraient l'application de l'accord UE-Turquie sur les réfugiés en visitant le camp de Nizip et en inaugurant le centre de protection de l'enfance de Gaziantep...

Le message était clair : en se rendant sur place pour constater que la Turquie respectait les conditions d'accueil des migrants, ils décourageaient les réfugiés d'aller plus loin.

L'Union européenne a promis 6 milliards d'euros à la Turquie, délivrés en deux temps, pour aider Ankara à accueillir 'dignement', assure-t-elle, les réfugiés Syriens.

.@eucopresident, TimmermansEU & Merkel in Turkey tomrrow. Will they take abuse of #refugees seriously? #Dealbreaker pic.twitter.com/BsgHdtQuG8- Amnesty EU (AmnestyEU) 22 avril 2016

L'accord, dont la légalité et la moralité ont été contestées par les Nations unies et les ONG internationales, avait été signé le 18 mars dernier :

'Nous sommes tombés d'accord sur le fait que tout migrant en situation irrégulière arrivant de Turquie sur les îles grecques après le 20 mars sera renvoyé en Turquie. La mise en oeuvre de cet accord sera graduelle, et elle est basée sur le principe du 'un pour un', déclarait alors le président du Conseil européen.

Le jour même, la Turquie prouvait qu'elle était en mesure d'intercepter les candidats à la traversée de la mer Egée, comme ce groupe de Syriens à Dikili, et 300 autres personnes dans le même secteur.

Le principe du 'un pour un' est le suivant : pour chaque Syrien renvoyé des îles grecques en Turquie, un autre doit être réinstallé de la Turquie dans l'Union européenne, dans la limite de 72 000 places.

Les premières déportations de migrants, Syriens inclus, ont commencé le 4 avril depuis l'île grecque de Lesbos vers Dikili. Il s'agissait en majorité de Pakistanais et d'Afghans.

Symboliquement, le même jour, 16 réfugiés syriens étaient accueillis, en Allemagne, près d'Hanovre.

Depuis, 350 Syriens ont été accueillis en Allemagne, en Autriche et au Danemark, 300 doivent arriver en France, cette semaine.

Selon cet accord, pour continuer d'accueillir les migrants, toucher les 6 milliards d'euros d'aide et obtenir l'exemption de visa pour ses citoyens vers l'espace Schengen, la Turquie doit satisfaire 72 critères, comme la sécurité des documents d'identité, la protection des droits fondamentaux, l'élargissement de l'accès au marché du travail pour les réfugiés non Syriens.

Mais elle serait encore loin de les remplir, même si 'elle a fait beaucoup d'efforts', selon la Commission européenne qui rendra son rapport ce mercredi 4 mai.

Selon l'hebdomadaire allemand, 'Der Spiegel', sous couvert de l'anonymat, un membre du gouvernement allemand a déclaré que la Turquie remplissait environ 60 critères sur les 72 demandés.

Si tel est le cas, les Turcs devraient donc pouvoir se rendre dans l'espace Schengen, sans visa, pour de courts séjours, une fois l'aval de la Commission, du Parlement européen et des 28 Etats membres obtenus.

'La Turquie a plusieurs fois prévenu qu'elle romprait l'accord avec l'UE si l'exemption de visas n'était pas accordée à ses citoyens': http://www.spiegel.de/international/europe/europe-at-pains-over-visa-free-travel-for-turks-a-1090040.html.

Those who bash #refugees are setting a dangerous precedent. RT if you reject bigotry & fear! https://t.co/jIhNglZ4He pic.twitter.com/w87ZUAGwwG- AmnestyInternational (@amnesty) 27 avril 2016

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Publié le 02/05/2016

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