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“Raser l’ancienne prison soviétique et construire la maison européenne”

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Sortis vainqueurs des législatives en Ukraine, les pro-occidentaux sont désormais à la recherche d'une coalition pour diriger le pays.
Les différents partis vont néanmoins devoir surmonter leurs différences pour trouver un terrain d'entente.

L'actuel président, Petro Poroshenko, a assuré vouloir former une alliance avec le Front populaire comme principal partenaire.
Le Premier ministre sortant Arsenyi Iatseniouk s'est entretenu avec le chef de l'Etat, et a ouvert le bal des négociations.

Le nouveau Parlement devra voter des réformes radicales destinées à sortir l'Ukraine d'une profonde récession, à lutter contre une corruption endémique et à la rapprocher de l'Union européenne.Nous avons
interrogé Yuriy Lutsenko, chef du Bloc Petro Poroshenko.

Dmytro Polonsky, euronews : 'Votre parti a gagné le plus de sièges lors de cette élection. Avec qui allez-vous vous allier ?'

Yuriy Lutsenko, Bloc Petro Poroshenko : 'Notre victoire, comme celle des autres partis de Maïdan, offre à l'Ukraine une chance de mettre en oeuvre des réformes rapides qui ont été oubliées pendant de nombreuses années. La première chose que nous allons faire c'est proposer un accord de coalition avec un calendrier pour la mise en oeuvre des dizaines de réformes nécessaires à l'intégration à l'Union européenne. Nous nous focaliserons sur le rythme des réformes plutôt que sur la distribution des portefeuilles ministériels. Il nous faut prendre des décisions importantes très rapidement. C'est pourquoi nous disons : 'oublions la victoire, qui est premier, qui est second, nous voulons rassembler une grande équipe ukrainienne qui avance vers l'Union européenne.''

Dmytro Polonsky, euronews : 'Le Bloc Petro Poroshenko a déjà annoncé que l'accord de coalition était presque prêt. Pouvez-vous nous en donner quelques détails ?'

Yuriy Lutsenko : 'Il y a tellement de réformes nécessaires qu'il va falloir aller dans plusieurs directions : réforme de la justice, de la fiscalité, des organes chargés d'appliquer la loi, du système de gouvernance locale, du service public. Nous sommes en train de parler de raser l'ancienne prison soviétique et reconstruire les fondations solides de la future maison européenne. Le message des électeurs est clair : ils ont mis le parti du président en tête, afin de soutenir son chemin vers l'UE. Les gens ont aussi donné leur vote de confiance au Premier Ministre Yatsenyuk et son parti, et aussi fait rentrer au parlement le nouveau parti des activistes de Maïdan, Self-Help. Ce parti sera un vrai stimulant pour les partis classiques, pour mettre en oeuvre des réformes rapides et radicalement pro-européennes.'

Dmytro Polonsky, euronews : 'Peut-on s'attendre à ce que, après l'annonce du résultat des élections, l'accord de cessez-le-feu soit abandonné dans l'Est ? Parce que pour l'instant les forces gouvernementales ne peuvent pas répondre aux attaques quotidiennes des séparatistes ?
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Yuriy Lutsenko : 'Nous suivons strictement toutes les conditions du cessez-le-feu. Mais quand nos checkpoints ou positions sont attaqués, nous répondons de façon adéquate. Nous voulons la paix, et prenons en compte le soutien international et la solidarité vis à vis de l'Ukraine, il y a une chance pour la paix. Il y a de grandes attentes pour que la Russie puisse être en quelque sorte forcée à tenir ses promesses en vertu de l'accord, et cela va nous permettre de libérer le sol ukrainien avec moins de sang versé. Mais nous disons aussi ouvertement et honnêtement que nous nous servons du cessez-le-feu pour moderniser et renforcer les forces armées ukrainiennes. Evidemment nous souhaitons moins de sang et des résultats rapides. Mais les électeurs ont soutenu l'approche prudente et raisonnable. Les partis qui prônaient les attaques et les prises d'assaut tous azimut des villes rebelles, ont eu moins de voix qu'ils n'espéraient. Au contraire tous les partis pour la paix ont reçu plus de soutien.'

Dmytro Polonsky, euronews : 'Vous avez dit précédemment que les chefs des organismes chargés de l'application des lois devraient être démis de leurs fonctions après les élections : vous parlez du procureur général, du ministre de l'Intérieur et du chef des services de sécurité, n'est-ce-pas ?'

Yuriy Lutsenko : 'Les chefs de ces organismes seront remplacés si nous n'avons pas des résultats rapides aux enquêtes sur les affaires de corruption et les activités criminelles de l'ancien régime, si nous ne punissons pas les responsables de la mort des manifestants abattus à Kiev. Mais ils y travaillent.'

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Publié le 27/10/2014