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Publié le 03/01/2018

Prisons : bientôt des téléphones fixes dans les cellules en France

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Un téléphone fixe va être installé dans chacune des cellules des prisonniers français. L'information a été révélée par le journal Le Monde . En discussion depuis au moins cinq ans, ce projet sera mis en oeuvre progressivement. La nouvelle ministre de la Justice a en effet décidé de passer à la vitesse supérieure en signant un appel d'offre pour équiper progressivement plus de 50 000 cellules dans les 178 prisons françaises. Les premières cellules devraient être équipées d'ici la fin de l'année.

L'accès à ces téléphones fixes ne concernera évidemment pas les quartiers disciplinaires et sera limité à quelques appels par jour via des numéros autorisés par un juge ou par l'administration pénitentiaire. Ces appels pourront par ailleurs faire l'objet d'un enregistrement.

Ce projet très critiqué répond à plusieurs objectifs : il s'agit d'abord de permettre aux détenus de maintenir un lien plus fréquent avec leurs proches. Ce qui n'est pas le cas actuellement. Si des téléphones fixes sont déjà à leur disposition leur nombre reste trop restreint compte tenu de la surpopulation carcérale. Le projet devrait donc permettre de faire baisser les tensions quotidiennes entre les gardiens et les prisonniers. C'est le deuxième objectif.

Enfin et surtout, l'administration pénitentiaire fait aussi le pari d'améliorer la lutte contre le trafic de téléphones portables dans l'enceinte des prisons françaises. Un véritable fléau : en 2016, près de 33 000 appareils et accessoires entrés illégalement ont été saisis (19 000 rien qu'au premier semestre 2017).

La mise à disposition de ces téléphones fixes est testée depuis juillet 2016 au centre de détention de Montmédy dans le département de la Meuse, près de la frontière belge. Non sans succès : le nombre de portables saisis aurait chuté de 31% au premier semestre 2017.

A l'annonce de ce projet, l'Observatoire international des prisons a salué un pas dans la bonne direction. Mais François Bes, le porte-parole de l'ONG, a déjà pointé du doigt le coût trop élevé des communications à la prison de Montmédy (80 centimes d'euros par minutes).

Quant aux syndicats des surveillants de prison, ils sont divisés. Certains ont regretté le manque de consultation, d'autres exigent des garanties quant aux restrictions des numéros composés. Une déléguée syndicale Force Ouvrière s'est pour sa part inquiétée de la façon dont ces communications seront écoutées alors que le manque de personnel reste, selon elle, un problème récurrent dans les prisons françaises.

Côté buisness, l'opérateur qui remportera le marché devra certes supporter les coûts d'installation et d'entretien des téléphones mais pourra compter sur une période d'amortissement de dix ans (la durée du contrat avec l'Etat) et pourra imposer ses propres tarifs, sans doute plus élevés qu'à l'extérieur du milieu carcéral.

Avec Agences

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