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Peut-on vraiment aider la Syrie ?

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La prochaine conférence de donateurs prévue à Londres début février favorisera-t-elle un règlement de la crise en Syrie ? Comment amener la communauté internationale à verser des milliards ? Quelle solution politique envisagée ? On en débat dans cette édition de The Network.

Le 4 février prochain est programmée à Londres, une Conférence des donateurs pour la Syrie, pays où une guerre civile fait rage depuis près de cinq ans et pousse des millions de personnes à fuire. Cet effort international peut-il contribuer à résoudre la crise ? Le gouvernement syrien affirme que l'aide alimentaire est saisie par les rebelles qui eux accusent Damas d'affamer la population.
Trouvera-t-on plus vite une solution politique grâce à cette mobilisation ? Est-on en droit d'espérer alors que la communauté internationale est divisée et que l'organisation Etat islamique contrôle une bonne partie du pays ? Et comment envisager un soutien à long terme vu que ce conflit semble avoir peu de chance de s'arrêter dans l'immédiat ?

Parmi les invités de ce débat, Alyn Smith, membre britannique de la Commission des Affaires étrangères, eurodéputé du Parti national écossais. Il siège au sein du Groupe des Verts / Alliance libre européenne, souligne que la situation en Syrie est 'terrible et la conférence des donateurs est utile et importante. Mais ce qui doit intervenir tout de suite pour éviter que ces personnes ne deviennent des réfugiés, poursuit-il, c'est un cessez-le-feu humanitaire qui soit localisé si besoin : Staffan de Mistura [l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, ndlr] a fait des suggestions très constructives à ce propos et il faut des efforts internationaux concertés pour aboutir à une solution politique de long terme.'

'La grande difficulté, confirme Sara Tesorieri, conseillère de l'organisation Oxfam sur les politiques européennes en matière d'humanitaire et de conflit, autre invitée de ce débat, c'est l'accès aux populations. Les besoins actuels ne sont financés qu'à moins de 60%, ajoute-t-elle, on a besoin de plus d'argent sur la table, mais il nous faut aussi pouvoir acheminer l'aide sur le terrain. Il y a tout un tas de résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU qui ne sont pas encore appliquées, indique-t-elle, elles doivent être appliquées pour que les gens qui ont besoin d'aide sur le terrain puissent avoir accès à cette assistance.'

The most vulnerable of #SyrianRefugees deserve our help. With eu_echo support, we reach nearly 50,000 in Turkey. pic.twitter.com/PdorW0dOwo- WFP Europe (WFP_Europe) 26 Janvier 2016

Enfin, Alexandre Polack, porte-parole de la Commission européenne pour l'aide humaintaire, le management de crise, la coopération internationale et le développement, rappelle que la Commission elle-même a débloqué un demi-milliard d'euros de plus pour l'aide humanitaire. Clairement, ce n'est pas assez parce que dans une crise mondiale, il faut que tout le monde participe, mais l'argent qu'on déploie sur le terrain va bien aux personnes qui en ont besoin, assure-t-il avant d'ajouter : On mène de nombreuses missions humanitaires, le Commissaire européen en charge de l'aide humanitaire Christos Stylianides se rend souvent sur place, il revient de la frontière entre la Turquie et la Syrie : nos actions font toute la différence quand il s'agit de sauver des vies sur place.'

UN asks for $8bn ahead of key Syria aid conference https://t.co/eoXVZDRVNk pic.twitter.com/uFWfYdL5Ee- Middle East Eye (@MiddleEastEye) 13 Janvier 2016

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Publié le 29/01/2016