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Publié le 15/02/2018

Parcours d'une famille syrienne en Grèce

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C'est à Livadia, au nord-ouest d'Athènes, que nous avons rencontré en avril 2017 la famille Hanan. Originaire d'Idleb en Syrie ils ont traversé la Turquie pour rejoindre la Grèce. Après neuf mois passés dans un camp de réfugiés ils ont finalement obtenu leur propre appartement. Pour la mère de famille, Hanash, c'était un soulagement car " maintenant nous avons une vie normale, comme tout le monde. Tout est bien ici. Mes enfants vont à l'école, j'ai une maison, une cuisine, je peux me doucher. On peut dire que c'est une vie normale ".

A Idleb Youssef dirigeait une entreprise de produits laitiers. Son usine comptait plus de 40 employés. Une fois arrivé en Grèce, il a indiqué vouloir s'installer en Irlande avec sa femme et ses quatre enfants. " J'ai des amis en Irlande. Ils m'ont aidé pour que je puisse me rendre là-bas. J'ai déjà l'autorisation de l'A gence de l'ONU pour les réfugiés pour me rendre en Irlande. Je ne sais pas quand nous pourrons partir. J'ai entendu dire que cela peut prendre deux ou trois mois ", souffle-t-il

C'est dix mois plus tard que nous avons retrouvé la famille Hanan à Athènes. Ils ont pris leurs bagages et retrouvé un autre groupe de réfugiés. Une représentante de l'OIM , l'Organisation internationale pour les migrations, est là pour les accompagner jusqu'à l'aéroport. Ils seront 37 à rejoindre Dublin.

Au moment de quitter la Grèce, Youssef n'oublie pas avoir vécu ici les pires moments de sa vie. Les neufs mois passés dans le camp de Ritsona resteront tristement gravés dans sa mémoire. C'est dans les tentes que sa femme, Hanash, a donné naissance à leur dernier fils. " Nous vivions à cinq, moi et ma famille dans une tente, une petite tente. C'était trempé pendant l'hiver, c'était vraiment difficile ", glisse-t-il.

Un nouveau départ

C'est en plein milieu de la nuit que le groupe de réfugiés arrive à l'aéroport. Pendant que Youssef et Hanash attendent leur carte d'embarquement une femme s'approche de la famille. Betty est Britannique. Mariée à un Grec elle vit dans le pays depuis plus de 30 ans. Elle souhaite leur transmettre un message et surtout les rassurer avant ce nouveau départ. Betty veut leur dire " que où qu'ils aillent ils seront les bienvenus. Ils ne doivent pas avoir peur ".

Le départ des réfugiés est supervisé par Christine Nikolaidou pour l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Elle précise que " le principe des relocalisations n'est pas de mettre de réfugiés dans un avion à destination d'un autre pays membre de l'Union européenne. L'objectif est de leur offrir une chance de construire une nouvelle vie en sécurité et avec dignité ".

Il est finalement temps pour les 37 réfugiés de prendre leurs bagages et de se rendre vers la porte d'embarquement. Hanash prend les dernières photos de ses enfants en Grèce. Elle prend aussi le temps de partager ses inquiétudes et ses espoirs. " Je suis heureuse car c'est la fin du voyage. Je suis triste parce que je quitte de nombreux amis en Grèce et en Syrie. Mais je suis aussi excitée parce que nous allons commencer une nouvelle vie avec mes enfants. Je suis certaine... je veux ce nouveau départ pour apporter un avenir meilleur à mes enfants ", se réjouit-elle.

En Grèce près de 60 000 demandeurs d'asile souhaitent vivre ce même instant: monter dans un avion pour rejoindre un nouveau pays.

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