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Offensive contre l’“État islamique” : les investisseurs du Moyen-Orient s’inquiètent

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Une campagne militaire internationale visant le groupe 'État islamique' est en cours en Irak et en Syrie. Parmi les positions visées, les installations pétrolières que ses combattants contrôlent et qui constituent pour eux, une importante source de revenus. Quelles conséquences cette offensive peut-elle avoir sur les marchés si celle-ci se poursuit encore longtemps ?)

Cette semaine, nous évoquons les préoccupations économiques liées à l'offensive internationale contre le groupe 'État islamique'. Des frappes aériennes visent des positions de cette organisation djihadiste - la plus riche au monde - qui a mis en place son propre marché noir pour exploiter les champs de pétrole qu'elle contrôle en Syrie et en Irak.

Mais d'abord, rappelons des éléments de contexte : les États-Unis sont à la tête d'une coalition internationale dont l'objectif est d'éradiquer le groupe 'État islamique'. Des frappes aériennes ont visé des positions de ce groupe en Syrie et en Irak, en particulier ses installations pétrolières en vue d'interrompre ses canaux de financement. Les djihadistes vendent l'or noir à des prix très faibles grâce à des intermédiaires de la région qui font de la contrebande de cargaisons. Un commerce qui leur rapporterait, pas moins de trois millions de dollars par jour. Ils contrôleraient sept champs de pétrole et raffineries dans le nord de l'Irak et six gisements en Syrie, notamment dans la province de Deir al-Zour, d'après les experts. Cette activité parallèle pèse sur les prévisions de PIB de ces pays.
Les premiers raids ont également eu un effet négatif sur les marchés européens et américains, mais ce sont les investisseurs du Moyen-Orient qui ont le plus souffert. Ainsi sur les places boursières de la région, depuis le 23 septembre, l'indice de Dubaï a reculé de 1,4 %, celui d'Abu Dhabi de 2 %, celui de l'Arabie saoudite, de 2,8 % et l'EGX30 égyptien, de 0,6 %.
Ces tensions inquiètent les investisseurs au Moyen-Orient d'autant que de l'aveu même du Premier ministre britannique, les opérations militaires pourraient durer plusieurs années.

Comme chaque semaine, Nour Eldeen al-Hammoury qui s'occupe de stratégie des marchés chez ADS Securities à Abu Dhabi, nous donne son éclairage.

Daleen Hassan, euronews :
'Les Américains et leurs alliés mènent des raids aériens sur des positions du groupe 'État islamique' en Irak et en Syrie. D'après vous, comment réagiront les marchés du Moyen-Orient s'ils se poursuivent encore longtemps ?'

Nour Eldeen Al-Hammoury d'ADS Securities :
'Oui, nous avons remarqué certaines baisses. Mais ces marchés sont tout aussi sensibles à n'importe quelle tension géopolitique. Il ne faut pas s'attendre à ce que ces effets perdurent à long terme. Il s'agit simplement de réactions à court terme qui s'expliquent par les craintes d'une expansion et que les frappes puissent évoluer en une guerre régionale. Les inquiétudes concernent davantage la faiblesse économique des États-Unis et de l'Europe. Au Moyen-Orient, la situation est bonne au niveau des liquidités et il existe un certain nombre d'excellentes opportunités pour les investisseurs. Le déclin observé devrait être limité jusqu'à ce que les achats reprennent d'ici la fin de l'année.'

Daleen Hassan :
'Quelles conséquences les frappes aériennes ont-elles sur le commerce arabe du pétrole ?'

Nour Eldeen Al-Hammoury :
'On aurait pu s'attendre à une hausse des prix du pétrole en raison d'un potentiel impact sur les approvisionnements dans la région, en particulier avec ce qui est en cours en Ukraine.
Mais cela n'a pas été le cas : on a assisté à une baisse des cours, des pays ont d'ailleurs envisagé de les soutenir.
Les acteurs régionaux ont l'habitude de tenir compte de ce genre de risque et clairement, pour l'instant, ils estiment que même avec les frappes aériennes, la région restera stable.'

Daleen Hassan :
'Pensez-vous que ces frappes contre le groupe 'État islamique' peuvent empêcher ses ventes de pétrole et vraiment lui nuire financièrement ?'

Nour Eldeen Al-Hammoury :
'On ne peut pas répondre à cela. Il est clair que vu la riposte régionale et internationale, ce groupe s'est fait beaucoup d'ennemis. Des groupes vont chercher à marginaliser l'organisation et pour l'instant, les livraisons de pétrole ne semblent pas déterminantes dans cet effort.
Si les forces qui se sont alliées contre l'État islamique veulent adopter cette approche et bloquer ses opérations sur le marché noir, alors on pourrait en voir les conséquences sur le cours mondial du pétrole au moment où l'hiver débute dans l'hémisphère Nord.'

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Publié le 30/09/2014