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Mausolées détruits à Tombouctou : début d’un procès hors normes

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Le procès qui s'est ouvert ce lundi devant la Cour pénale internationale est une première à plusieurs titres : il concerne un djihadiste présumé, le conflit au Mali, la destruction du patrimoine, à savoir des mausolées de Tombouctou en 2012 et l'accusé Ahmad al Faqi al Mahdi plaide coupable. 'C'est avec un profond regret et une grande douleur que je dois plaider coupable et toutes les charges retenues contre moi sont exactes et correctes, a-t-il indiqué devant la Cour avant d'ajouter : Je suis vraiment désolé et j'éprouve vraiment des remords.'

Selon l'accusation, l'homme est un membre d'Ansar Dine, organisation liée aux groupes djihadistes d'Al-Qaïda qui depuis janvier 2012, contrôlent alors le nord-Mali et entrent en avril dans Tombouctou.

Fervent religieux

Au début de l'été 2012, Al Mahdi qui a pris le nom de guerre 'Abou Tourab' aurait supervisé la démolition de neuf mausolées de la 'Ville des 333 saints'. Classés au patrimoine mondial de l'Unesco, les plus anciens datent du XIVe siècle. Les habitants vont y solliciter le secours des protecteurs de Tombouctou, pratique insupportable pour les djihadistes.

En janvier 2013, ces derniers détruisent aussi 4.200 manuscrits juste avant d'être chassés de la ville par les soldats français de l'opération Serval. Mais la grande majorité des documents ont pu être récupérés lors d'opérations de sauvetage.

Chef présumé de la Hisbah, la brigade islamique des moeurs, Ahmed Al Mahdi est finalement arrêté au Niger par les soldats français en 2014 dans un convoi transportant des armes depuis le Sud libyen. Il est transféré un an plus tard, vers la prison de la CPI.

Déception des ONG maliennes

Aujourd'hui, une dizaine de mausolées de Tombouctou ont été reconstruits par l'Unesco dans le cadre d'un programme financé par plusieurs pays et institutions. Les sites originaux ont été reproduits à l'identique.

Les ONG maliennes attendent beaucoup du procès d'Al Mahdi même s'il leur laisse un goût amer : l'accusé est le seul djihadiste à avoir été transféré à La Haye pour les exactions commises pendant l'occupation du Nord-Mali. Aucun 'crime de sang' ne fait l'objet d'une procédure à ce jour.

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Publié le 22/08/2016

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