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L‘élan brisé de pro-migrants en route vers Calais

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Samedi dernier 1er octobre était une date importante pour l'avenir de la mobilisation en faveur des migrants de Calais. C'est dans cette ville du nord de la France qu'un nombre très important de réfugiés s'est installé depuis 10 ans, espérant rejoindre le Royaume-Uni.

La Coalition internationale des sans-papiers et migrants (CISPM) avait appelé à manifester samedi à Calais et organisé des départs collectifs depuis Paris, afin de soutenir les migrants de la " jungle de Calais ", à l'heure où le gouvernement français organise son démantèlement. J'ai pu suivre des militants de la CISPM en route pour manifester.

La veille de cette manifestation, qui était censée être la deuxième plus grande mobilisation de ce genre depuis le 23 janvier, la sous-préfecture de Calais avait interdit aux organisateurs sa tenue, arguant du risque de débordements et de troubles à l'ordre public. Les responsables des différentes associations ont maintenu le voyage, ne serait-ce que pour rencontrer les habitants de la " jungle " et apporter leur solidarité aux migrants. Environ 200 personnes ont ainsi embarqué dans quatre cars, à destination de Calais.

Selon l'un des chauffeurs, les cars ont été suivis par deux voitures banalisées. Policiers et gendarmes ont arrêté les véhicules au premier péage, à 160 km de Calais. Les policiers ont demandé à vérifier les documents des conducteurs. Les cars ont pu repartir mais avec un retard de 3/4 d'heure, alors que le rendez-vous du rassemblement était prévu à 14h. La police a suivi les bus tout au long du trajet.

À 35 km de Calais, à un nouveau péage, les cars ont de nouveau été stoppés. Cette fois-ci, quinze voitures de police et une dizaine de gendarmes et douaniers ont participé à l'opération.

Les forces de l'ordre ont semble-t-il voulu empêcher à tout prix les membres parisiens de la CISPM, parmi eux des réfugiés de différentes nationalités, de rejoindre le rassemblement à Calais. Les échanges ont d'ailleurs été parfois tendus, les gendarmes avertissant les organisateurs qu'ils empêcheront de toute façon les cars de rejoindre le point de rendez-vous et qu'ils sont prêts à contrôler l'identité de tous les passagers, ayant bien conscience que parmi eux, tous ne possèdaient pas les documents attestant de la régularité de leur séjour. Les négociations n'ont d'ailleurs mené nulle part. 4 heures plus tard, malgré leur motivation et détermination, les passagers ont donc décidé de faire demi-tour et de rentrer à Paris.

#Paris #Calais la manifestation interrompu par les forces de l'ordre sur l'autoroute a une dizaine kilomètres de calais pic.twitter.com/x31lKaVcBl- Ghadakpour Nima (@GhadakpourN) 1 octobre 2016

Aux dires des organisateurs, c'était la première fois que les forces de l'ordre empêchaient des militants et soutiens de se rendre à Calais. Ce blocage sur une aire d'autoroute déserte leur laisse un goût amer. Malgré une marche improvisée sur ce no man's land, la visibilité a été nulle, personne n'a été témoin de la scène.

#Manifestation interdite à #Calais : violents affrontements entre "pro-réfugiés" et forces de l'ordre >>> pic.twitter.com/sIWSrEN7nO- a hi #teamRDN (@Mathieu_dxx) 3 octobre 2016

Pendant ce temps, à Calais, la manifestation de solidarité a rassemblé 250 à 300 personnes et a été ponctuée par des affrontements et échauffourées.

Des manifestants favorables aux migrants et réfugiés se sont affrontés avec la police anti-émeute au camp de migrants à #Calais... :-( pic.twitter.com/fKIW40GmN0- LEDOUAISIEN (@LEDOUAISIEN) 2 octobre 2016

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Publié le 03/10/2016

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