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Le phénomène Netanyahu : déjà trois mandats à la tête d’Israël

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A quoi pense Benjamin Netanyahu lorsqu'il va prier au Mur des Lamentations à quelques jours des élections législatives ?

Le prochain scrutin, prévu le 17 mars, s'annonce serré pour celui qui bat des records de longévité à la tête du gouvernement israélien.

Soucieux d'éviter la défaite, 'Bibi', comme le surnomment affectueusement les Israéliens, a tout misé sur l'argument sécuritaire.
Il s'agit d'un défi de taillle pour le futur Premier ministre, qui devra aussi préserver la vitalité économique d'Israël tout en s'attaquant à ses énormes disparités sociales.

Agé de 65 ans, l'ancien diplomate n'était pas destiné à devenir le plus célèbre des Netanyahu. Entre un père fameux historien et un frère héros de guerre, le benjamin de la famille, devenu un orateur charismatique, se démarquera sans peine.

Entré au parti nationaliste Likoud à la fin des années 80, il y fait une ascension fulgurante. En 1996, Benjamin Netanyahu a 47 ans et devient le plus jeune chef de gouvernement en battant le travailliste Shimon Peres, l'artisan des accords d'Oslo, dont Netanyahu est un adversaire.
Il rassemble toutefois les sceptique de cet accord de paix.

Il sera même, sous l'impulsion des Etats-Unis, et contre l'avis de son propre camp, le signataire des accords de Wye Plantation avec l'autorité palestinienne, en 1998.
Ce plan, qui prévoit l'évacuation de 13% du territoire de la Cisjordanie, ne sera jamais appliqué.

En 1999, contre toute attente, il est battu aux élections par son rival travailliste Ehoud Barak. Il démissionne alors de la présidence du Likoud et s'offre une retraite politique de 3 ans.

De retour dans l'arène politique en 2002, il est ministre des Affaires Etrangères dans le gouvernement d'Ariel Sharon. Il reprend la direction du Likoud en 2005 et le mène à la victoire en 2009.
Le chef du gouvernement israélien n'a pas changé ses positions concernant la question palestinienne : poursuite de la colonisation, opposition aux avancées des pourparlers de paix au motif du risque sécuritaire. Il incarne la ligne dure du Likoud. Le blocage se durcit avec l'autorité palestinienne.

Soufflant le chaud et le froid, il prononcera toutefois un discours en faveur d'une solution à deux Etats, perçu comme un acte de trahison guidé par Washington, pour de nombreux partisans du Likoud :

'Si nous obtenons cette garantie de la démilitarisation et les ajustements de sécurité nécessaires pour Israël, et si les Palestiniens reconnaissent Israël comme l'Etat du peuple juif, nous serons prêts pour un véritable accord de paix, visant à aboutir à une solution pour un Etat palestinien démilitarisé aux côtés de l'Etat juif.'

Avec l'allié américain, il joue le jeu, cherche à ne pas froisser, jusqu'à cet épisode récent et inédit : celle d'un chef de gouvernement israélien venant critiquer la politique étrangère américaine au sein même du Congrès. Ovationné par les républicains alors qu'il dénonce les négociations avec l'Iran, Benjamin Netanyahu s'attire les foudres de Barack Obama, alors que les relations entre les deux hommes étaient déjà tendues.

Peut-être s'agit-il là d'un faux pas, qui pourrait lui coûter quelques voix?

Le chef du Likoud a lui même admis que le risque de perdre était 'réel'. Les derniers sondages accordent une courte avance à la liste de centre-gauche.

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Publié le 13/03/2015

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