Vidéo associée: 

Le marché florissant des nouvelles drogues change la donne en Europe

Corps: 

En temps de crise, la prévention concernant les drogues passe souvent au second plan même s’il s’agit d’un problème majeur de santé public. L’observatoire européen des drogues et des toxicomanies aide les gouvernements à prendre la mesure des problèmes, comprendre les nouvelles tendances et à trouver les solutions.

L’observatoire basé à Lisbonne a présenté hier son rapport annuel en présence de notre envoyé spécial. Il y a des inquiétudes mais aussi des espoirs : le rapport de cette année constate une évolution positive en matière de consommation de stupéfiants en Europe, principalement la baisse du nombre de consommateurs d’héroine, et de drogues par injection. La consommation de cocaine et de cannabis a aussi diminué dans certains pays”

L’une des tendances générales, c’est en effet une stabilisation voire diminution de la consommation des drogues traditionnelles avec parmi les changements positifs le nombre de traitements dispensés.

730 000 consommateurs européens d’opiacées bénéficient de traitements de substitution, soit la moitié des 1,4 millions d’usagers réguliers.

La crise économique en Europe fait craindre une diminution des budgets, or les risques liés à la consommation de drogue sont toujours importants et coûteux.

L’hépatite C est la maladie la plus répandue parmi les usagers. De 18 à 80% en sont atteint selon les pays.
Parmi les usagers problématiques, les taux de mortalité sont de 1 à 2% par an soit 10 à 20 fois plus que parmi la population non consommatrice

Si le cannabis, la cocaine et l’héroine semblent marquer le pas tant dans la consommation que dans l’offre, les stimulants de synthèse restent eux très demandés. Parmi eux, l’ecstasy et les amphétamines sont les plus consommées en Europe.
Au cours de l’année écoulée, 2 millions d’européens ont consommé des amphétamines et autant de l’ecstasy

Enfin, ce qui inquiète le plus l’observatoire, c’est l’apparition des nouvelles drogues, un marché changeant, très dynamique avec des substances très diverses.

73 nouvelles substances ont été officiellement répertoriées pour la première fois, dont 30 sont des cannabinoides de synthèse, imitant le cannabis, et 19 à base de produits chimiques méconnus.

3.03 set up Laurent Laniel, Scientific analyst supply reduction

Pour Laurent Laniel, chercheur à l’Observatoire, la grande difficulté concernant ces nouvelles drogues, c’est qu’on en sait très peu à leur sujet ; “Ce sont des drogues qui sont apparues très récemment, qui sont des drogues sur lesquelles on a aucune visibilité médicale. Les producteurs sont des gens qui sont très très bons en chimie donc ils trouvent ces nouvelles substances et ils vendent ça, et comme ce n’est pas sur les listes, c’est vendu comme d’autres produits. Et donc il est très difficile d’obtenir des informations là dessus, parce que, 1 : il faut s’apercevoir du phénomène, 2 : il faut comprendre de quoi on parle exactement. La même marque, le même paquet, vous l’achetez dans le pays A, dedans il y a de la drogue Y, ce même paquet, même marque, dedans il y aura de la drogue Z, il y aura pas forcément le même mélange. Donc une multiplicité de problèmes avec ces nouvelles drogues qui sont vraiment un défi grave… “

Un défi, qui passera par plus d’informations sur leur nocivité, et des mesures rapides de santé publique.

Partager cette vidéo :

Publié le 29/05/2013

Toutes les vidéos

À DÉCOUVRIR AUSSI

Pages

Publicité