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Le centre de Bangkok sous haute tension

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La capitale thaïlandaise pourrait être le théâtre de violences dimanche lors des élections générales anticipées. Des milliers de manifestants anti-gouvernementaux arpentaient encore les rues ce matin. Le Parti démocrate a décidé de boycotter le scrutin. Les militants ont empêché le dépôt de plusieurs candidatures. Le meneur des manifestants, Suthep Thaugsuban, a appelé ses partisans à tout faire pour bloquer le scrutin, comme dimanche dernier pour le vote anticipé. 130 000 policiers seront déployés dimanche prochain pour éviter que le scénario ne se reproduise. Mais même si les électeurs parviennent à voter, les résultats pourraient ne pas être connus avant des mois. Depuis novembre, les manifestants se mobilisent contre Yinglukck Shinawatra et son camp, mais une nouvelle victoire de son parti Puea Thai est quasiment assurée.

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Thaïlande: les éléments clés pour comprendre la crise et les élections

Par Amélie BOTTOLLIER-DEPOIS / AFP

BANGKOK, 30 jan 2014 (AFP) â Quelque 46 millions de Thaïlandais sont appelés aux urnes dimanche pour des législatives anticipées boycottées par lâopposition. Voici quelques clés pour décrypter ce scrutin sous haute tension.
Quid du vote en lui-même?
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Il sâagit dâélire pour quatre ans une chambre basse de 500 sièges. Quelque deux millions dâélecteurs supplémentaires étaient enregistrés pour le vote par anticipation dimanche dernier, mais 440.000 ont été empêchés de voter par les manifestants.
Au total, 125 députés sont élus par un scrutin de liste à la proportionnelle et 375 par circonscription lors dâun scrutin à la majorité simple. Mais au moins 28 circonscriptions ne seront pas pourvues dimanche, les manifestants ayant bloqué lâenregistrement des candidatures.
En tout, 2.423 candidats de 53 partis sâaffrontent, en lâabsence notable du Parti démocrate, principale formation dâopposition, qui nâa pas gagné de législatives depuis 1992 et qui boycotte ce scrutin, aux côtés des manifestants.
Onze partis avaient obtenu des sièges lors des élections de juillet 2011 remportées par le parti Puea Thai de la Première ministre Yingluck Shinawatra. Son parti avait obtenu plus de la moitié des sièges mais quatre partis lâavaient rejoint dans une coalition.
Le Puea Thai est la troisième mouture du parti créé par lâancien Premier ministre en exil Thaksin Shinawatra, frère de Yingluck, renversé par un coup dâEtat en 2006.
Quelle est lâorigine de la crise politique actuelle ?
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Un projet de loi dâamnistie qui aurait permis le retour de Thaksin a mis le feu aux poudres fin octobre 2013. Malgré le rejet du texte par le Sénat, la colère a pris de lâampleur.
Les manifestants réclament la tête de Yingluck, quâils accusent dâêtre une marionnette de son frère, la fin du âsystème Thaksinâ quâils associent à une corruption généralisée, et la mise en place dâun âconseil du peupleâ, non élu, le temps de réformes avant de possibles élections, pas avant un an.
Qui sont les forces en présence?
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La Thaïlande est divisée depuis des années entre deux tendances souvent résumées à âchemises rougesâ contre âchemises jaunesâ.
Les âchemises rougesâ, partisans de Thaksin et du Puea Thai, réunissent masses rurales et urbaines défavorisées du nord et du nord-est. Ils sont jusquâici restés discrets pendant cette crise.
Les manifestations des âchemises jaunesâ royalistes ont été un élément clé du putsch de 2006 et ont aidé à chasser du pouvoir deux Premiers ministres pro-Thaksin en 2008.
Lâorganisation a largement perdu de son pouvoir, mais dâanciens âjaunesâ participent au mouvement actuel, alliance hétéroclite dâultra-royalistes, dâélites de Bangkok, dâhabitants du sud du pays et de partisans des Démocrates.
Depuis le début de la crise, le gouvernement a misé sur une stratégie dâévitement entre police et manifestants pour éviter une reproduction du scénario de 2010 lorsque le gouvernement Démocrate avait envoyé lâarmée pour déloger les ârougesâ (bilan: plus de 90 morts).
La crise actuelle a fait au moins dix morts.
Les suites possibles ?
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1. Pas de nouveau Parlement avant des mois. En raison de troubles dimanche, la commission électorale pourrait ne pas être en mesure dâétablir de résultats officiels. Même si elle le peut, le Parlement ne pourra de toute façon pas se réunir, faute dâun quorum de 95% de députés, en lâabsence de candidats dans plusieurs circonscriptions.
Le gouvernement actuel continuerait à expédier les affaires courantes.
2. Intervention judiciaire. La Cour constitutionnelle pourrait invalider les résultats des élections, comme elle lâavait fait pour celles dâavril 2006, boycottées par les Démocrates.
Un nouveau âcoup dâEtat judiciaireâ est également possible, comme fin 2008. La justice avait alors forcé le Premier ministre pro-Thaksin à la démission et dissous son parti, permettant lâarrivée au pouvoir des Démocrates.
Aujourdâhui, de nombreux élus du Puea Thai sont menacés par une interdiction de politique pour cinq ans, en raison dâune tentative de réformer la Constitution. Et Yingluck est visée par une enquête de la commission anticorruption liée à un programme controversé dâaide aux riziculteurs.
3. Coup dâEtat militaire, comme en 2006. Un scénario qui nâa rien dâexceptionnel dans un pays qui en a connu 18, réussis ou non, depuis 1932. Le puissant chef de lâarmée de terre a refusé dâexclure cette possibilité. Ce scénario risquerait de renvoyer les ârougesâ dans la rue.

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Publié le 31/01/2014

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