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La France en vigilance inondations

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Les niveaux de la Seine et du Rhin continuaient de monter mardi, contraignant les autorités à prendre des mesures de précaution à Paris et Strasbourg, tandis que 23 départements restaient en vigilance orange pour risque de crues.

La crue de la Seine devrait atteindre vendredi à Paris un pic équivalent à celui de juin 2016, soit environ 6,10 m, a indiqué Vigicrues. Mardi le niveau a été mesuré à 4,90 m au Pont d'Austerlitz, selon la mairie. La ligne C du RER sera fermée mercredi dans la capitale au moins jusqu'à vendredi.

"Sur Paris ce n'est pas forcément catastrophique, et pas mal de mesures sont prises par la RATP, EDF, Engie etc" , note Jean-Marc Dolmière, adjoint au directeur de l'organisme de suivi des cours d'eau. "Mais c'est surtout en amont" et aval que les conséquences peuvent être plus dommageables, similaires à celles de 2016.

A l'origine de cette situation, les précipitations tombées sur l'amont du bassin parisien, l'Yonne, la Marne...
"Ces régions ont pris beaucoup d'eau ces sept derniers jours, sachant que les sols étaient déjà saturés", dit M. Dolmière. "L'eau monte en amont sur la Marne, puis elle commence à descendre, et rejoint la Seine" .

En juin 2016, la RATP avait dû fermer deux stations de métro et une gare RER proches du fleuve. Le Louvre, qui comme Orsay avait dû mettre ses réserves à l'abri, s'est dit mardi "très vigilant" : "Nous déclenchons notre plan de prévention des risques de crue lorsque la Seine atteint 5,08 m" .

La maire Anne Hidalgo devait réunir mardi la "cellule de crise" de la Ville, avec les opérateurs concernés (Enedis, GRDF, Eau de Paris, RATP, SNCF, etc), pour un point sur la situation. Brune Poirson et Sébastien Lecornu, secrétaires d'Etat auprès de Nicolas Hulot, devaient tenir un point presse au service régional de prévision des crues.

Au total, 23 départements restaient en vigilance orange pour risque de crues, de l'Est jusqu'aux Alpes, de la Normandie au Sud-ouest.

L'accalmie dans les précipitations sur l'ensemble du pays permettait cependant d'amorcer mardi des décrues "sur les parties amont des cours d'eau" , explique Vigicrues. "Les pics de crue poursuivent leur propagation vers les parties aval" , à des rythmes plus ou moins lents, selon le service. "On n'a pas de montée d'eau rapide ; on n'est que sur des montées lentes, ce qui permet aux autorités de s'organiser" , souligne M. Dolmière.

Dans l'Est, la navigation sur le Rhin était arrêtée mardi, a indiqué la préfecture. Le pic de crue était attendu à Strasbourg vers 16h00, selon le département, qui a lancé un appel à la prudence. La crue, provoquée par les pluies et la fonte des neiges, a contraint mardi les autorités à remplir un polder de 600 ha au sud de Strasbourg, pour retenir les eaux.

A Sochaux, l'usine PSA devait rester à l'arrêt mardi après-midi pour cause d'inondation d'un fournisseur de pots d'échappement, a-t-on appris de source syndicale. En vigilance rouge lundi après les débordements des rivières Loue et Doubs, Montbéliard a atteint son pic de crue et ce devait être le cas à Besançon dans la soirée, avec risques d'inondation des quais et de parkings.

Autre zone de préoccupation : l'Ain avec des "zones d'expansion impressionnantes" , selon Vigicrues, qui scrute 22 000 km de cours d'eau - opération complexe réalisée grâce à des "échelles relatives" , dont la plus célèbre installée au Pont d'Austerlitz.

En Seine-Maritime, seul département normand encore concerné par une vigilance orange, les rivières regagnent leurs lits doucement, a indiqué la préfecture. Il restait une trentaine de routes barrées à la mi-journée. Dans cette région les services de l'Etat restent cependant vigilants, avant de possibles crues de la Seine en fin de semaine.

AFP

mots-clés : Paris, Inondations, France

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Publié le 23/01/2018
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