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Israël : prise de température à la veille de l‘élection

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Deux ans après les dernières législatives, la classe politique israélienne était de nouveau en campagne ces dernières semaines. Les 5,8 millions d'électeurs sont rappelés aux urnes suite à la chute du gouvernement Nétanyahou en décembre. Le Premier ministre avait limogé deux de ses ministres qui avaient vertement critiqué son projet de loi destiné à donner à Israël le statut d'Etat-Nation du peuple juif. Ses opposants dénonçaient un projet anti-démocratique qui allait aliéner la minorité arabe, environ 20% de la population israélienne.

A en croire les derniers sondages, le Likoud de Benjamin Nétanyahou n'a plus l'avantage. Face à lui, une coalition de centre-gauche, l'Union sioniste, dirigée par la centriste Tzipi Livni et le travailliste Isaac Herzog.
Pour eux, Nétanyahou a laissé la situation socio-économique du pays se déteriorer. Tous deux disent aussi vouloir reprendre le dialogue avec les Palestiniens et ne pas miser que sur le tout-sécuritaire.

Premier ministre par trois fois, Benjamin Nétenyahou occupe le devant du paysage politique israélien depuis une bonne vingtaine d'années.
Mais le 3 mars dernier, il est peut-être allé trop loin. Il s'est adressé aux membres du congrès américain sans être passé par la Maison Blanche et a mis en garde très fermement contre un accord sur le nucléaire iranien.

La question qu'il semble avoir éclipsée est de savoir si les Israéliens sont plus inquiets de la potentielle menace nucléaire iranienne ou du glissement économique et sociale dans leur pays.

Pour évoquer les enjeux de ces élections israéliennes, euronews a interrogé Tal Schneider, journaliste politique et bloggeuse israélienne.

euronews : ' Tal Schneider, cela fait à peine plus de deux ans que les Israéliens ont été appelés aux urnes. Que pensent-ils de ces élections aussi rapprochées ? '

Tal Schneider : ' En Israël, nous sommes habitués à ce que les élections ne collent pas au calendrier, ce n'est pas nouveau. Mais il est vrai que 24 mois, c'est peu. Les gouvernements devraient être plus stables et l'opinion publique est fatiguée qu'ils ne le soient pas et que l'on doive retourner aux urnes aussi vite. '

euronews : ' Il y a donc de la frustration vis-à-vis de la classe politique. Quelle est la plus grande préoccupation des électeurs ? '

Tal Schneider : ' Nous avons connu une forte hausse des prix des biens et de l'immobiliser ces cinq, six dernières années, et les gens ne parlent que de cela. Ils ne parlent pas de la terreur, ils ne parlent pas de l'Iran, étrangement d'ailleurs. On parle un peu de terrorisme, et évidemment, huit mois après une guerre dévastatrice, les gens parlent de sécurité, mais ils parlent à peine du dossier iranien qui est pourtant un des thèmes de campagne du Premier ministre sortant mais ce n'est pas vraiment ce que les gens ont à l'esprit. '

euronews : ' Et est-ce que ces questions économiques expliquent la perte de popularité de Benyamin Nétanyahou ? '

Tal Schneider : ' Nétanyahou renvoie depuis ces deux dernières années l'image d'une personne distante du public. L'air de dire : les questions économiques ne m'intéressent pas, je m'intéresse surtout à l'Iran. L'Iran est une grande menace bien sûr mais pas pour le quotidien des gens. Donc en fin de campagne, il s'est vraiment détaché des questions qui préoccupent les Israéliens, l'alimentation, l'éducation, la santé, comme dans tout autre pays occidental. '

euronews : ' Que pouvez-vous nous dire des défis auxquels font face les challengers de Nétanyahou, Isaac Herzog et Tzipi Livni, les leaders de l'union sioniste. Ont-ils dit qu'ils allaient changer d'approche à l'égard des Palestiniens ? '

Tal Schneider : ' Nétanyahou arrive au terme de six années durant lesquelles il n'a pas pris la moindre initiative. Même après la guerre à Gaza, à l'issue de laquelle d'après tous les experts on aurait pu tenter un accord régional, il n'a rien fait. D'un autre côté, Herzog n'a pas d'expérience au sein du cabinet de sécurité. Il a seulement été ministre des Affaires sociales. Il n'a pas eu affaire aux questions de sécurité. Et l'on sait que ces dernières années, il a rencontré Abu Mazen et il s'est rendu à Ramallah à plusieurs reprises. Son parti est en contact avec le Fatah, maintient ce contact et élabore des projets économiques. Mais évidemment, c'est quelque chose de central dans leur programme et c'est central pour leurs électeurs. Une des choses que Herzog devrait résoudre immédiatement, c'est la relation des Israéliens avec la Maison blanche. Le premier coup de fil mardi ou mercredi sera très certainement pour la Maison Blanche pour tenter de remédier à la déterioration des relations ces derniers mois qui a été dévastatrice vue de l'extérieur. '

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Publié le 17/03/2015

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