Vidéo associée: 

Interviews croisées d’un ancien diplomate occidental et d’un responsable russe

Corps: 

Alors que les mauvaises nouvelles se succèdent sur le front de l'est, quelle marge de manoeuvre pour la diplomatie... Nous avons interrogé l'ancien diplomate allemand et médiateur de l'OSCE en Ukraine, Wolfgang Ischinger, qui a présidé la conférence de Munich sur la sécurité qui vient de s'achever.

Wolfgang Ischinger, ancien médiateur de l'OSCE en Ukraine :

Si les efforts diplomatiques échouent, et que nous ressentons le besoin d'augmenter le niveau de pression, je pense que toutes les options disponibles doivent être considérées avec soin, et je ne pense pas que ce soit une bonne idée de jeter quelque option que ce soit à la poubelle avant de les avoir étudiées. Il y a bien sûr des risques évidents à livrer des armes, il y a des risques d'escalade. D'un autre côté, si vous ne faites rien, vous prenez le risque de voir le pays coupé en deux, et d'abandonner les principes même sur lesquels la sécurité européenne est fondée.

James Franey :

Y a-t-il eu des exemples où les sanctions économiques ont fait infléchir la politique étrangère d'une grande puissance comme la Russie ?

Wolfgang Ischinger :

Les sanctions sont un très mauvais intrument diplomatique, il n'y a aucun doute là-dessus. Elles marchent mal et si elles marchent, elles produisent un effet secondaire qui est de défendre le chef, de défendre le pays, parce que le pays est attaqué de l'extérieur. Donc, évidemment, les sanctions sont une mauvaise idée. Mais que pouvons nous faire d'autre? Donc, les sanctions, instrument médiocre étaient la seule option disponible. C'est l'une de ces situations diplomatiques classiques où vous avez certaines cartes en main, et aucune ne semble vraiment bonne, mais vous devez jouer la moins mauvaise.

James Franey :

Vladimir Poutine essaie-t-il de diviser les Occidentaux ?

Wolfgang Ischinger :

Il serait très étonnant qu'il ne cherche pas à tirer parti des divergences entre les alliés de l'ouest. Bien sûr. Nous avons imposé des sanctions. D'un point de vue russe, ce n'est pas seulement un geste inamical. C'est un geste terriblement inamical, et si j'étais un conseiller russe, je dirais : faisons le maximum pour diviser ces gens afin qu'il ne puissent pas étendre leur régime de sanctions pour une autre période. C'est bien évidemment l'intérêt de la Russie. C'est ainsi... '

Partager cette vidéo :

Publié le 10/02/2015