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Idomeni, le camp de la honte

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Cinq jours après la fermeture de la frontière gréco-macédonienne, la tension monte à Idomeni. Les migrants, frustrés de ne pas pouvoir poursuivre leur chemin à travers la route des Balkans vers l'Europe du nord, tentent de forcer le grillage.

Situation today at the border with the policeman who said that he is willing to die for his country. #Idomeni pic.twitter.com/YgLn7IODGW- Björn Kietzmann (@bjokie) 11 avril 2016

C'est le premier incident grave enregistré dans ce qui va devenir un énorme camp improvisé où vont s'entasser plus de 11 000 personnes. Leur seul abri: des tentes qui poussent au milieu de la boue, en plein hiver.
Elles bloquent la voie ferrée qui fait la liaison entre la Gréce et Skopje, ce qui coupe la route et met à l'épreuve la patience des habitants.

#refugeesGR have taken a freight train wagon and are moving towards the police buses d_tosidis pic.twitter.com/uQdMi8K0b3- Marianna Karakoulaki (Faloulah) 11 avril 2016

Les conditions de vie se dégradent, comme l'explique Liene Veide du Haut commissariat aux réfugiés (HCR) :

'Idomeni n'est pas un camp officiel, il ne répond pas aux standards humanitaires, ni à tous les besoins. Les services ne sont pas bien établis, ce n'est pas organisé, on va le dire comme ça. Il n'y a pas qu'un seul élément en cause. Il y a aussi l'assainissement, l'eau, la nourriture, l'aspect médical, et la vie privée.'

Il n'y jamais eu de pire époque pour les travailleurs humanitaires. https://t.co/favJtxXCMH pic.twitter.com/o3fPLRriNz- LeHCRenfrançais (@Le_HCR) 5 avril 2016

Découvrez la 1ère vidéo du travail de MdM_Suisse à #Idomeni sur https://t.co/eTPSTLfSww pic.twitter.com/tjQWsWCWAP- Medecins du Monde (MdM_Suisse) 11 avril 2016

Des conditions misérables et un mot d'ordre sorti d'on ne sait où, vont pousser des centaines de personnes à traverser une dangereuse rivière en crue et faire une courte incursion en ex-République yougoslave de Macédoine, le 14 mars, avant d'être ramenées manu militari à Idomeni par la police macédonienne.
Quelques jours plus tard, le 20 mars entre en vigueur l'accord UE-Turquie pour renvoyer tous ceux étant arrivés en Grèce irrégulièrement après cette date.

Migrants : la tension monte à #Idomeni, près de 300 blessés https://t.co/VzDFBfyqNt pic.twitter.com/81W5uTmLl2- Le Point (@LePoint) 11 avril 2016

A Idomeni personne ne veut bouger. Le 25 mars, seulement quelques familles acceptent d'être transferées en bus vers des centres d'accueil mis en place par le gouvernement grec. Seulement 4 des 20 bus envoyés à Idomeni vont finalement se remplir. Le gouvernement grec est dépassé par la situation et demande du temps.

Le 1er avril devant le Parlement, le ministre de l'immigration Yannis Mouzalas assure que ces camps fermeront un jour.

'La honte d'Idomeni, la disgrâce du port du Pirée s'arrêteront. Cela prendra du temps. Le gouvernement doit l'organiser. Mais ça va se faire. Souhaitez-vous l'intervention de la police anti-émeute ? Vous ne le voulez pas. Voulez-vous du gaz lacrymogène contre les enfants ? La réponse est non. Nous avons donc besoin de temps et d'organisation.'

Une jeune syrienne porte son bébé - Idomeni à la frontière entre la Macédoine & la Grèce #Europe pic.twitter.com/oHGRj7xmKK- LeHCRenfrançais (@Le_HCR) 8 avril 2016

En dépit de vives critiques, le plan du gouvernement grec se présente ainsi explique notre correspondant à Athènes, Stamatis Giannisis : quand les migrants seront excédés par les conditions effroyables des camps de fortune et ce, sans recourir à la force, alors ils auront la volonté de chercher eux-même un logement approprié dans les structures d'accueil déjà en place dans le pays.

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Publié le 12/04/2016

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