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Grèce : une crise sans issue

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Malgré des années de réformes et de soutien financier international, la Grèce tente toujours de sortir de la crise. Depuis des mois, les négociations sur l'application du troisième plan d'aide patinent et les bailleurs de fonds peinent à surmonter leurs divergences.

Il y a quelques jours, Pierre Moscovici, le Commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, rencontrait Alexis Tsipras. Elu sur un programme anti-austérité, le Premier ministre grec avait dû cédér en 2015 face aux créanciers, qui lui demandent de poursuivre les réformes.

'Il doit y avoir pour le peuple grec, que je connais bien et pour lequel j'éprouve beaucoup de sympathie, une lumière au bout du tunnel de l'austérité. Nous ne préconisons pas l'austérité, aucune institution ne doit prôner l'austérité. Mais comme vous l'avez dit, il doit y avoir un ensemble équilibré de réformes.', expliquait alors Pierre Moscovici à Alexis Tsipras.

La Grèce doit honorer en juillet plus de sept milliards d'euros de créances. Et elle attend le versement d'une nouvelle tranche du plan d'aide de 86 milliards d'euros, conclu en 2015, en échange d'importantes réformes.

Le FMI tarde à s'engager financièrement, car il juge les objectifs des Européens trop ambitieux. L'institution monétaire table sur un excédent budgétaire grec de 1,5% du PIB en 2018, loin de l'objectif de 3,5% fixé par la zone euro. En outre, les Européens s'opposent à un allègement de la dette grecque préconisé par le Fonds monétaire international.

Après avoir joué un rôle central dans les deux premiers plans de sauvetage, le FMI conditionne sa participation financière à la mise en oeuvre immédiate, par Athènes, de nouvelles réformes touchant le système fiscal et les retraites. Mais la Grèce est déjà asphyxiée. Un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté.

'C'est l'une des caractéristiques de la crise qui a frappé, non seulement les plus pauvres, mais aussi les classes moyennes et mêmes les classes moyennes supérieures', souligne le médiateur grec Andreas Pottakis.

Devant l'impasse, de plus en plus de voix, y compris en Grèce, appelent à une sortie de la zone euro. L'éventualité d'un 'Grexit' est de retour dans les débats.

'Le pays ne va nulle part et tout le monde le sait. Il devrait pouvoir obtenir un allégement de sa dette. Mais un allégement de la dette, avant une échéance électorale en Allemagne, ne fonctionnera jamais sur le plan politique. Et si les Grecs devaient quitter la zone euro dans une Europe déjà affaiblie, un Grexit entraînerait un effet domino', souligne Robert Halver, analyste financier auprès de la Baader Bank.

Le sort de la Grèce reste entre les mains de ses créanciers. La chancelière allemande Angela Merkel s'entretiendra ce mercredi avec la directrice générale du FMI, Christine Lagarde. Une rencontre qui s'annonce cruciale.

En Grèce, le scénario du remboursement de la dette s'avère toujours irréaliste https://t.co/7cszJ8SREP pic.twitter.com/rweuSzRXrV- Libération (@libe) 20 février 2017

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Publié le 21/02/2017