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Grand concile orthodoxe : malgré l’ampleur de l‘évènement, l’unité mise à mal

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Sous les dorures, l'harmonie se craquelle.

Ce devait être un évènement historique, le premier grand concile pan-orthodoxe depuis un millénaire, depuis l'an 787. Les quatorze églises orthodoxes du monde devaient être présentes. Quatre ont décliné, au dernier moment, dont celle de Russie.

Dimanche, jour de la pentecôte orthodoxe, le coup d'envoi a tout de même été donné au concile à Héraklion, en Crète. Une messe a été célébrée par les dix primats présents, dont celui qui exerce une primauté honorifique sur ses pairs, Bartholomée 1er de Constantinople.

Le camouflet infligé par Kirill, le patriarche de Moscou et les églises d'Antioche, de Bulgarie et de Georgie n'aura pas fait plier Batholomée, lequel a maintenu le rendez-vous censé resserrer les rangs orthodoxes, et leurs 300 millions de fidèles dans le monde.

L'absence russe pourtant pèse lourd. La Russie, c'est 130 millions de croyants, soit la moitié de l'orthodoxie.

Et ce n'est pas faute de l'avoir préparé ce concile. Il aura même fallu 50 ans pour aboutir à un consensus sur une date et sur des thèmes. Famille, diaspora, oecuménisme entre autre. Ils sont au nombre de six et ont recueilli l'approbation de l'ensemble des quatorze églises en janvier dernier, lors d'une synaxe.

Les défections ne sont bien sûr, pas du goût de Bartholomée.

'Les chrétiens orthodoxes ne sont pas et ne devraient pas se conduire comme une fédération d'églises, cela a été dit plusieurs fois par beaucoup d'entre nous. Nous sommes une seule église, un seul corps, et toute différence ne peut qu'être résolue au sein d'un concile'

La décision de Kirill est, de l'avis des spécialistes, une décision avant tout politique.

Pour le patriarche de Moscou, il s'agit de montrer à celui de Constantinople, la tête symbolique de l'orthodoxie, sa force. La rivalité entre les deux sièges patriarcaux est très ancienne et cette nouvelle démonstration risque de compromettre les ambitions de rassembleur de Bartholomée

En février dernier, Kirill rencontrait le Pape François, contre l'avis d'une partie de son église, l'aile ultranationaliste. Une rencontre qui l'a tout à la fois renforcé sur la scène internationale et affaibli dans son propre camp.

Les prières de François pour le grand concile orthodoxe, dimanche, ne suffiront peut être pas à le sauver.

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Publié le 22/06/2016

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