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France : des failles dans la lutte anti-terroriste ?

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En France, alors que la polémique s'envenime autour des mesures anti-terroristes, le chef du gouvernement a pour la première fois reconnu ce vendredi un 'échec', concernant l'un des tueurs de Saint-Etienne-du-Rouvray.
Adel Kermiche, connu des services de renseignements, avait été remis en liberté sous bracelet électronique.

Dans un long entretien au quotidien Le Monde, Manuel Valls admet une défaillance.

" Je comprends les interrogations que suscite la situation d'Adel Kermiche, [l'un des deux terroristes de Saint-Etienne-du-Rouvray]. Son placement sous contrôle judiciaire avec assignation à résidence sous surveillance électronique, initialement ordonné par un juge d'instruction spécialisé dans le djihadisme, a été confirmé en cour d'appel par trois juges, également expérimentés. C'est un échec, il faut le reconnaître. "
Manuel Valls, Premier ministre français

Un échec, cette fois-ci. En revanche, Manuel Valls redit qu'il n'y a pas eu de défaillances dans le dispositif déployé à Nice, et ce, en dépit des critiques formulées par l'opposition.

La querelle se situe sur le terrain politique, ce qui, aux yeux de certains experts, ne fait pas avancer le débat.
François Heisbourg est conseiller spécial à la Fondation pour la Recherche Stratégique.

'La réponse du gouvernement est systématiquement la même : plus d'état d'urgence, plus de soldats déployés et plus de frappes aériennes contre (les sites du groupe Etat islamique) à Raqqa (Syrie) et à Mossoul (Irak). Ces trois choses n'ont, jusque-là, pas vraiment eu d'effets. Et je ne vois pas pourquoi cela fonctionnerait désormais. Quant à l'opposition, elle semble faire de la surenchère en proposant des mesures extravagantes, comme par exemple placer en détention tout ceux qui apparaîtraient dans les radars des service de sécurité.'
François Heisbourg, conseiller spécial à la Fondation pour la recherche stratégique

" Pas de 'Guantanamo à la Française' "

Dans son interview au journal Le Monde, le chef du gouvernement rejette les propositions avancées par le patron des Républicains, Nicolas Sarkozy.

" Tout ce qui renforce notre efficacité mérite d'être retenu, mais il y a une ligne infranchissable : l'Etat de droit. A ce titre, l'enfermement d'individus dans des centres sur la base du seul soupçon est moralement et juridiquement inacceptable. Il ne serait d'ailleurs pas efficace. Mon gouvernement ne sera pas celui qui créera des 'Guantanamo à la française'. "
Manuel Valls, Premier ministre français

Préserver l'état de droit tout en renforçant la sécurité. Equilibre difficile à trouver, et qui suppose un changement dans les mentalités. Accepter que le risque zéro n'existe pas, et que la menace est intérieure.
Le second terroriste de Saint-Etienne-du-Rouvray, né en France, sans antécédents judiciaires, s'adresse aux Français en disant 'vous' et 'votre' pays.

'L'Etat d'urgence n'est pas une bonne idée en soi, car cela amène les terroristes à se cacher encore plus, à être toujours plus dans la clandestinité. Or, ils savent très faire s'adapter à cette situation. On parle de surveillance. Oui, c'est vrai, mais il ne faut pas se leurrer : la seule manière d'empêcher des événements comme ceux qui se sont produits en France, en Allemagne ou en Belgique, c'est de renforcer massivement la surveillance au sein de la société, bien au-delà du simple contrôle de ceux qui pourraient passer à l'acte.'
François Heisbourg, conseiller spécial à la Fondation pour la recherche stratégique

Face à cette situation, il y a aussi ceux qui soulignent que la réponse sécuritaire ne suffit pas, mais qu'il faut aussi comprendre pourquoi des jeunes se radicalisent et tenter, dès lors, de trouver des solutions.

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Publié le 29/07/2016

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