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Etats-Unis : le grand retour du Tea Party

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Les éditorialistes le donnaient politiquement mort après la présidentielle de 2012. Le revoilà en grand champion de la crise budgétaire. Le Tea Party est de retour, n’hésitant pas à recourir au chantage pour faire plier le président Obama sur sa réforme du système de santé.

Ses ténors, comme le sénateur du Texas, Ted Cruz, ont pris le vieux Parti Républicain en otage. Cruz, qui ne cache pas ses ambitions présidentielles, manie avec brio la rhétorique anti-système qui a fait le succès du Tea Party. “Une des raisons du mécontentement des gens avec Washington est qu’ils ressentent mal les traitements de faveur. Wall Street bénéficie d’exemptions spéciales, les grandes banques aussi. La loi Dodd-Franks pose des règles qui matraquent les petites banques communautaires, celles des petites gens. Et qu’advient-il des gros bonnets ? Ils deviennent toujours plus gros !” lançait-il le 24 septembre dernier.

Le Tea party a acquis sa force de blocage aux élections législatives de mi-mandat en 2010. Nombre de ses candidats, des novices en politique, font alors leur entrée au Congrès, permettant aux Républicains de reprendre le contrôle de la Chambre des Représentants. En minorité, la démocrate Nancy Pelosi doit céder la présidence de la chambre basse au leader républicain, John Boehner.

Sur les 435 sièges de la Chambre, 232 sont occupés par des Républicains. Parmi eux, le Tea Party peut compter sur 30 à 60 sympathisants, un lobby qui s’est montré capable d’entraîner d’autres Républicains lors des votes, au point de former une majorité de blocage au sein même du parti Republicain.

Radicaux parmi les radicaux, leurs positions sont claires : anti-Etat, anti-impôts, anti-avortement, ultra-conservateurs sur les questions sociales, la religion et les armes.

Leur intransigeance est la clé de leur succès électoral. Une intransigeance qui a rendu le parti Républicain hermétique aux pressions des lobbies les plus puissants, ceux de la finance notamment.

“De nombreux membres du Tea Party nourrissent une grande antipathie à l‘égard de Wall Street et des grandes banques. Wall Street et les grandes banques sont les “méchants” pour une bonne partie du Tea Party. Donc non, leurs pressions ne sont pas vraiment accueillies à bras ouverts par nombre de ces républicains radicaux,” explique Greg Valliere, stratégiste politique au sein du groupe de recherche Potomac.

Si les Républicains en général, et le Tea Party en particulier, souffrent de la crise actuelle dans les sondages, les experts voient mal la tendance radicale s’essouffler, en tout cas, à court terme.

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Publié le 16/10/2013

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