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Espagne : année électorale cruciale

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L'Espagne est au début d'une année électorale, avec des législatives au bout qui promettent la fin du bipartisme en place depuis le retour de la démocratie. Les Espagnols semblent bien décidés à bousculer l'échiquier politique, et les élections municipales et régionales qui commenceront le 22 mars en Andalousie, avec le renouvellement de son parlement régional, et se poursuivront en mai risquent d'en donner la mesure.

Car malgré une reprise économique avec une croissance à 1,4% en 2014 et une prévision de 2% pour 2015, les Espagnols ne ressentent pas d'amélioration.

Et pour cause, le chômage a commencé à décroître, mais reste à un niveau insoutenable de 23,7%, sans perspective de baisse rapide.

Les Espagnols ont aussi subi les conséquences des coupes budgétaires très dures imposées par le gouvernement de droite. L'aide aux familles avec enfants figure parmi les plus basses de l'UE (24,25 par mois) et se limite aux foyers dont le revenu anuel est inferieur à 11 519 brut par an.

L'Espagne est aussi devenu le pays européen le plus inégalitaire en distribution de la richesse, derrière la Lettonie et devant le Portugal, la Grèce et l'Irlande, selon Eurostat.

Cette étiquette de 'gouvernement de l'inégalité' n'a pourtant pas profité aux adversaires historiques du PP, les socialistes, mais à Podemos, un parti né il y a un an, situé à gauche, et qui fait campagne contre l'austérité et la corruption.

Mais le terrain de chasse de Podemos, ce sont les électeurs socialistes et de gauche.

Pour le PP de Rajoy, la menace vient de Ciudadanos, le parti de droite dont le leader est un jeune catalán, Albert Rivera, lui aussi opposé à l'indépendantisme qui s'est emparé de la Catalogne.

Le sondage réalisé en février pour El Pais montre l'ampleur du séisme. Podemos est premier en intention directe de voix, et Ciudadanos émerge à la quatrième position. Deux partis qui ne siègent pas dans l'actuel parlement.

Tous deux fustigent la corruption des partis qui ont touché le pouvoir, dont le paradigme est le scandale Bárcenas. L'ex-trésorier du Parti Populaire vient d'achever 19 mois de prison préventive. Or, l'affaire n'est pas close, et risque d'embarasser encore le PP à l'approche des élections. La corruption est, avec le chômage, la principale préoccupation des Espagnols.

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Publié le 24/02/2015

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