Vidéo associée: 

Enchères médiatiques, 246 millions pour la Grèce

Corps: 

Le paysage médiatique télévisuel se redessine en Grèce.

Au terme de 66 heures d'enchères à huis clos, quatre télévisions privées ont remporté leur licence de diffusion nationale pour les 10 ans à venir.

Les enchères avaient débuté mardi 30 août et se sont achevées la nuit dernière, ce vendredi, vers 2h50.

Coût total pour ses quatre groupes qui se sont engagé à embaucher 400 journalistes et techniciens chacun : 246 millions d'euros.

Un succès pour le gouvernement d'Alexis Tsipras dont l'objectif affiché est de remettre de l'ordre dans le secteur audiovisuel :

'Nous sommes profondément satisfaits et très heureux du résultat de ces enchères, notamment parce que nous sommes parvenus à envoyer un message à la fois à l'intérieur et à l'extérieur du pays. Et la Grèce a besoin, surtout après la crise économique, de montrer qu'elle se rétablit', explique le ministre d'Etat Nikos Pappas.

Cette réforme, une obligation constitutionnelle et européenne selon les autorités, devrait permettre de moraliser le secteur et, au passage, de remplir un peu les caisses du pays...

Six chaînes avaient tenté de bloquer juridiquement la procédure d'enchères, en vain...

Les groupes contestent cette régulation du marché des fréquences de diffusion, comme SKAI TV :

'Nous n'avons pas acheté une licence, nous n'avons pas été mis en compétition, nous sommes venus ici pour négocier afin de payer une rançon après avoir été pris en otage, afin de continuer à opérer en tant que média indépendant, des médias qui ont écrit leur propre histoire et qui continueront à écrire leur propre histoire', a déclaré le représentant de Skai TV, la nuit dernière, Kostas Kimpouropoulos.

Mega TV, le plus important groupe télévisuel privé du pays qui détient l'une des plus anciennes chaînes privées et enregistrent des records d'audience, avait été exclu des enchères pour cause d'hyper endettement par le secrétariat général de l'information et de la communication :

'Le soi-disant combat de ce gouvernement contre les magnats des médias est un alibi pour le gouvernement populiste de monsieur Tsipras qui s'est montré incapable de remplir ses promesses économiques', avait déclaré le directeur de l'info de Mega, Manolis Kapsis.

Dans le cas du groupe médiatique Dimera, dirigé par l'homme d'affaires russo-grec, Ivan Savvidis, c'est d'être basé à Chypre, qui a posé problème.

Au bout du compte, Alpha TV, Star et Epsilon, devront cesser d'émettre d'ici trois mois.

Et notre correspondant Akis Tatsis de conclure : 'dans les cinq prochains jours, les autorités grecques devront vérifier les finances économiques des 4 groupes gagnants et d'ici deux semaines, ces gagnants devront payer le tiers de ce qu'ils doivent au total. Dans le même temps, les tribunaux grecs devront se prononcer sur le sort des groupes qui ont fait appel... Dans 90 jours, plus aucune chaîne ne pourra émettre gratuitement en Grèce.'

Background on #Greece's corrupt media landscape-context that much coverage on today's TV license auctions is missing pic.twitter.com/TTP8wh1Ato- Mehran Khalili (@mkhalili) 30 août 2016

Partager cette vidéo :

Publié le 02/09/2016

Toutes les vidéos

À DÉCOUVRIR AUSSI

Pages

Publicité