Vidéo associée: 

Egypte : les femmes sous la terreur des violences sexuelles

Corps: 

Ce sont les martyres oubliées de la place Tahrir. Les femmes ont plus que jamais été prises pour cibles dans les manifestations qui ont conduit à la chute du pouvoir islamiste. Les organisations égyptiennes de lutte contre le harcèlement sexuel parlent d’au moins une centaine d’agressions sexuelles entre le 28 juin et le 2 juillet sur la célèbre place du Caire.

Le scénario est toujours le même :

“Ils ont fait un cercle très serré autour de moi, raconte cette égyptienne. Ils ont commencé à bouger leurs mains sur moi. Ils ont touché chaque centimètre de mon corps, ils ont violé chaque centimètre de mon corps. J‘étais tellement paniquée que je ne faisais que crier, je ne pouvais même pas parler, je ne pouvais pas crier à l’aide, je ne faisais que crier.”

“J‘étais tombée et une voiture m’a bloquée, se souvient cette autre jeune femme. Ils ont profité du fait que j‘étais coincée par terre. Ils ont saisi mes jambes et m’ont fait faire un demi-tour. Ensuite ils m’ont soulevé les jambes et m’ont violée comme ils voulaient.”

Jusqu‘à présent, aucun agresseur n’a été inquiété.

Depuis le printemps arabe de 2011, les autorités, de Moubarak à Morsi en passant par les militaires, ont fermé les yeux sur ce phénomène qui prend de l’ampleur, en toute impunité.

Le discours dominant impute la responsabilité de ces agressions aux victimes elles-mêmes. “En se mettant dans de telles situations, la femme est responsable à 100%,” estimait en février un des membres du comité des droits de l’Homme au parlement égyptien. Un discours ancré dans les mentalités.

“On ne devrait pas faire ça, c’est mal consent ce jeune égyptien. Mais elles nous amènent à le faire. La façon dont elles s’habillent, la façon dont elles marchent, tout… Elles poussent les hommes égyptiens à faire ça… “

Face au désintérêt des autorités, les associations de défense des libertés ont recruté des hommes pour protéger les femmes. Les fameux “Tahrir bodyguards”, ces volontaires en gilets fluo, ont cependant été débordés ces derniers jours.

Des cours d’auto-défense sont aussi organisés.

Car à en croire les ONG de défense des droits des femmes, 83% des femmes disent subir un harcèlement sexuel au quotidien en Egypte.

Partager cette vidéo :

Publié le 05/07/2013

Toutes les vidéos

À DÉCOUVRIR AUSSI

Pages

Publicité