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Derrière l’offensive turque en Syrie, un positionnement stratégique

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Il a lancé ce mercredi, sa plus grosse opération militaire en Syrie depuis le début de la guerre. Le président turc a envoyé sur place, une dizaine de chars soutenus par la coalition internationale, reprendre une localité à l'Etat islamique. Mais l'organisation n'était pas la seule cible.

Dans un discours prononcé ce mercredi matin à Ankara, Recep Tayyip Erdogan indiquait : 'Ce matin, notre armée a lancé une opération contre les organisations terroristes comme l'Etat islamique et le Parti kurde de l'Union démocratique (PYD) dans le nord de la Syrie qui ont menacé notre pays, nos forces de sécurité.'

Devancer les Kurdes syriens

Depuis des semaines, les forces turques préparaient cette offensive avec les rebelles syriens. Des centaines d'entre eux étaient passés côté turc ces derniers jours. L'objectif d'Ankara, c'était de les aider à reprendre Jarablos, coûte que coûte.

'La Turquie essaie de soutenir les positions de l'Armée syrienne libre (ASL) sur place, les forces modérées, explique Nursin Atesoglu Güney, professeur de sciences politiques et de relations internationales à l'Université technique Yildiz, pour qu'elles soient en mesure si possible de reprendre ce bout de territoire à l'Etat islamique à Jarablos avant que les milices kurdes du Parti de l'Union démocratique ne le fassent : c'est l'objectif principal en réalité.'

Ce que la Turquie voulait éviter à tout prix, c'est ce qui s'est passé à quelques kilomètres de là, à Manbij mi-août. La ville sous contrôle de l'Etat islamique a été libérée, mais libérée par les forces démocratiques syriennes dont font partie les troupes du PYD : les Kurdes syriens, alliés du PKK et ennemis jurés d'Ankara.

En recherche de soutiens

La conquête de Jarablos et de ses environs était cruciale pour la Turquie. Si cette petite bande de terre aux mains de l'EI était passée sous contrôle des Kurdes syriens, ils auraient disposé d'une continuité territoriale le long de la frontière turque.

C'est donc au nom de l'intégrité territoriale de la Syrie qu'Erdogan envoit ses chars... en Syrie ! Mais ses intérêts sont autres et pour les défendre, il cherche tous les soutiens possibles. A la veille de sa rencontre avec Joe Biden, il rencontrait le président du Kurdistan irakien qui s'est rangé du côté turc concernant le PYD.

Un chantage à l'égard des États-Unis

Récemment, comme un pied de nez aux Américains, il a resserré les liens avec l'Iran et s'est réconcilié avec la Russie. Celle-ci est ambigüe sur la question kurde, mais rêve d'un axe Moscou-Téhéran-Ankara en vue de minimiser l'influence américaine dans la région.

Par son offensive, la Turquie montre aussi aux États-Unis qui eux soutiennent les Kurdes syriens, qu'elle peut intervenir seule en Syrie au moment où Washington lui refuse l'extradition de Fethullah Gülen, accusé par Ankara d'être le cerveau du putsch manqué du 15 juillet.

Pourquoi la Turquie a-t-elle lancé une opération contre l'EI en Syrie ? https://t.co/pGXZrZoKnP par RazAkkoc #AFP pic.twitter.com/d6JBswN5H0- Agence France-Presse (afpfr) 24 août 2016

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Publié le 24/08/2016

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