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Cumul des mandats : les députés se traitent d'"hypocrites"

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L’ouverture du débat sur le cumul des mandats mercredi après-midi avait déjà fourni son lot de moments inhabituels, comme cette diatribe du radical de gauche Alain Tourret prononcée sous les vivats de l’UMP. Jeudi matin, ce sont des accusations d’hypocrisie qui ont volé dans l’hémicycle.

Bruno Le Maire, qui se sent un peu seul à l’UMP avec son plaidoyer pour le non-cumul dès 2014 et l’instauration d’une limitation des mandats dans le temps, lance les hostilités. Le député de l’Eure évoque sans le nommer Arnaud Montebourg, qui fut un ardent défenseur du non-cumul avant de prendre la tête du Conseil général de Saône-et-Loire : “ Monsieur le ministre, je me rappelle ce que disait l’un de vos collègues au gouvernement. En matière de non-cumul, je suis croyant, mais pas pratiquant. Eh bien, moi, en matière de révolution démocratique, je suis à la fois croyant et pratiquant.”

Mais Bruno Le Maire est-il vraiment contre le cumul des mandats, ou s’agirait-il davantage d’une posture ? “M. Le Maire se livre à un exercice bien classique, riposte Manuel Valls. Je suis opposé parce que le texte ne va pas assez loin. C’est une manière de respecter la consigne de sa formation politique !” La position d’équilibriste de Bruno Le Maire - tellement pour un vrai non-cumul qu’il votera contre le projet de loi - permet en effet au président du groupe UMP Christian Jacob d’affirmer que l’ensemble de ses députés rejetteront le texte en bloc. “Comprenne qui pourra !”, ironise le socialiste Guillaume Bachelay.

Quelques minutes plus tard, la sincérité des socialistes est à nouveau remise en cause par Jacques Myard. Après avoir moqué assez classiquement les opposants au cumul (“A droite comme à gauche, il y a des anti-cumulards, (…), en général des gens qui n’ont jamais réussi à se faire élire maire !”), le vieux routier de l’Assemblée se lance dans une petite anecdote. Il rappelle une conversation “off” datant de 1998, à l’époque où Lionel Jospin avait déjà essayé d’interdire mandat national et fonction exécutive locale : “Il y a un collègue, un camarade, pour lequel j’ai beaucoup d’estime, qui est venu me voir, qui m’a attrapé par le bras, et qui m’a dit : “Jacques, tenez bon, c’est une bêtise.” Ce camarade, c’est Jean-Marc Ayrault !”

Mais certains grands socialistes trouvent quand même grâce aux yeux de l’opposition. La députée UMP Annie Genevard s’est sans doute surprise elle-même en citant amoureusement des propos de Gaston Deferre et Pierre Mauroy favorables au cumul… avant de tresser des lauriers à François Hollande pour son ancrage corrézien.

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Publié le 04/07/2013

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