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COP 21 : Quel avenir pour notre planète ?

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Cette édition spéciale a été réalisée depuis la COP21 pour le climat à Paris.

Nous sommes ici pour tenter de répondre à une question très importante : quel est le futur de la planète Terre ? Que va-t-il se passer les cent, 500 ou même mille prochaines années ?

Nos experts invités sont là pour essayer de répondre à cette question.

Quand les premiers astronautes se sont aventurés sur la Lune, ils ne pouvaient pas s'empêcher de regarder vers la Terre et de s'émerveiller de sa beauté.

Ces dernières décennies, le nombre de satellites d'observation de la Terre mis en orbite a explosé.

Voir la Terre depuis l'espace nous a aussi permis d'observer les changements que nous les humains avons apporté avec les émissions de gaz à effets de serre comme le dioxyde de carbone.

Jeremy Wilks, euronews : 'De quoi sommes-nous sûrs à propos du futur de la Terre ?'

Jean-Nöel Thépaut, coordinateur du service Copernicus sur le changement climatique : 'Vous comprendrez qu'il est difficile pour un scientifique d'affirmer que nous sommes absolument sûrs de certaines choses. Ils vont dire c'est probable, très probable. Ce dont nous sommes certains, c'est ce qui se passe maintenant, ce que nous voyons. La température a augmenté, le niveau de la mer augmente aussi, la banquise recule, de même que les glaciers'

Jeremy Wilks, euronews : 'D'ici 100 ans, le pôle Nord sera-t-il toujours blanc avec des ours polaires ?'

Andrew Shepherd, professeur d'observation terrestre, Université de Leeds : 'D'après nos connaissances, les choses seront très différentes dans l'hémisphère nord. La banquise a reculé ces dernières décennies. C'est certain. La couche de glace de l'Antarctique et du Groënland aura la même apparence depuis l'espace, de grosses tâches blanches, mais avec beaucoup moins de glace. Et cette glace va terminer dans l'eau, donc le niveau de la mer va monter. Et les gens vont devoir s'adapter à ces changements'

Jeremy Wilks, euronews : 'Quant à l'observation de la Terre, nous venons de voir qu'il y a énormément de satellites là-haut maintenant. En réalité, nos données précises remontent à seulement 30 ans, nous avons 200 ans d'observation sur le terrain. Comment peut-on être sûr que nos prédictions sont les bonnes et que nous avons l'information dont nous avons besoin sur notre planète ?'

Jean-Nöel Thépaut :'En réalité, nous avons à notre actif un peu plus de trente ans d'observation de l'espace. Les satellites météo ont commencé dans les années 1960, disons le milieu des années 1960. Avant, bien sûr nous en avons moins. Donc, nous devons remplacer cela par davantage d'observations qualitatives, et avant cela nous n'avions que des données géologiques'

Andrew Shepherd : 'Ces dix dernières années, nous avons obtenu de très bonnes mesures des régions polaires, grâce à la mission Cryosat de l'Agence Spatiale Européenne, qui peut désormais observer l'intégralité des deux calottes polaires. Avant, on pensait qu'elles étaient immobiles, telles des géants endormis, qu'elles ne changeaient jamais, jusqu'à ce qu'on les observe avec des satellites. Maintenant, on voit qu'elles se déplacent de plus en plus vite. Au Groënland, la glace coule cinq à dix fois plus vite qu'il y a vingt ans'
'La Terre a une apparence très différente de celle qu'elle avait à l'époque du dernier accord contraignant, à la COP de Kyoto en 1997'

Jeremy Wilks, euronews : 'Nous sommes à ce sommet sur le climat, ce sont les hommes politiques qui décident. Mais comment va-t-on surveiller cela à l'avenir, pour s'assurer que les gens font ce qu'ils s'étaient engagé à faire ?'

Jean-Nöel Thépaut : 'Il y a déjà des discussions au niveau de la Commission européenne pour savoir si nous avons besoin de sentinelles supplémentaires, ou d'une mission supplémentaire, pour surveiller les émissions de carbone et s'assurer que les promesses, les décisions prises pendant la COP se concrétisent'

Jeremy Wilks, euronews : 'Si on regarde encore plus loin, d'ici mille ans, est-ce qu'il y a d'autres choses prévisibles, qui sont sur la liste des possibles ?'

Andrew Shepherd : 'Je pense que les projections à mille, ou 10 000 ans nous montrent que la couche de glace du Groënland va peut-être disparaître, il pourrait ne plus y avoir de banquise dans l'Arctique. La Terre aurait une apparence totalement différente si c'était le cas. Donc ces scénarios improbables, mais possibles, devraient être pris en compte. Mais bien sûr, nous ne voulons pas effrayer les gens avec des choses qui pourraient arriver dans 10 000 ans'

Jeremy Wilks, euronews : 'Si l'on pense à notre planète en termes de système solaire. D'un côté, on a Vénus, qui est un exemple terrible de changement climatique qui a mal tourné. D'un autre, on a Mars qui est une sorte de désert glacial. Est-ce que l'on vit dans un monde complètement fou quand on croit que l'on peut contrôler notre planète ?'

Jean-Nöel Thépaut : 'Nous avons changé la planète au cours du siècle dernier, en injectant une quantité énorme de carbone dans l'atmosphère. Donc nous devrions être aussi capables d'avoir un impact en inversant ce changement'

Andrew Shepherd : 'Oui, je crois en la technologie. Elle a permis de résoudre énormément de choses au XXème siècle. Il n'y a aucune raison que l'on ne puisse pas résoudre cela. L'énergie doit provenir d'une source différente à l'avenir, je pense que c'est très clair. Tous les gens qui s'y intéressent particulièrement le savent, et ils investissent pour résoudre ce problème'

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Publié le 04/12/2015
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