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Colombie : le long chemin vers la réconciliation peut commencer

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La semaine dernière, s'est tenu la 10e et dernière conférence nationale des FARC à El Diamante, la dernière en tant que groupe armé rebelle et la seule jamais autorisée par le pouvoir.
Après quelques jours de discussions, les dirigeants et la base des Forces armées rebelles de Colombie avaient donc tous dit oui à l'accord de paix qui doit mettre un point final à plus de cinq décennies de violences.

'Nous sommes unaniment tombés d'accord pour mettre fin à ce conflit et construire une paix stable et durable, avec la ferme conviction qu'en elle, se trouve les graines de la transformation à laquelle aspirent la grande majorité et le pays tout entier', a déclaré Rofrigo Londono, le dirigeant des FARC, connu aussi sous les noms de Timoleon Jimenez et Timochenko.

Le cessez-le-feu définitif a commencé dans la nuit du 28 au 29 août dernier.

Mais les dernières négociations entre les dirigeants des FARC et le gouvernement colombien auront duré quatre ans, elles avaient débuté en novembre 2012, à Cuba. Les principaux points de crispations portaient sur les concessions à faire aux rebelles et sur les poursuites judiciaires.

L'ONU a joué un rôle clef dans ce processus de paix et va continuer à le faire. Le président colombien Juan Carlos Santos expliquait l'accord à l'assemblée des Nations unies la semaine dernière :

'C'est la première fois que les droits des victimes ont été placées au coeur de la solution d'un conflit. Leur droit à la vérité, à la justice, aux réparations et à la non-répétition.'

AIDES CIBLEES

-Selon l'accord de paix, l'un des plus des plus complexes jamais conclu à ce jour, il est prévu l'attribution de terres, l'accès au crédit et l'installation de services basiques en zones pauvres, anciennement zones de conflits.

TRANSFORMATION POLITIQUE

-De mouvement de guérilla, les FARC deviendront un parti politique, disposant temporairement et de façon directe de 10 sièges au parlement. Ce processus sera uniquement enclenché en cas de oui des électeurs colombiens au référendum sur l'accord de paix.

DESARMEMENT

-Les 7 000 combattants de la guérilla doivent bien sûr rendre les armes. A compter d'aujourd'hui, ils ont 6 mois pour le faire dans l'un des 28 lieux supervisés par l'ONU. En échange, chaque combattant recevra 610 euros et une sorte de rente mensuelle pendant deux ans.

DROGUE

Il est prévu que les autorités poursuivent leur lutte contre le trafic de drogue et les cultures illicites (accord déjà trouvé avec les FARC en mai 2014). Elles proposeront des sources alternatives de revenus pour les paysans dans les zones d'influence des FARC ainsi qu'un programme de santé publique.

JUSTICE

-L'amnistie sera accordée pour crimes politiques, mais non pour les meurtres, massacres, viols, enlèvements, ou torture. Des tribunaux spéciaux seront créés.

Un total de 48 magistrats, dont 10 étrangers, devront juger ces personnes impliquées dans ces crimes graves. Il sera aussi question des déplacements forcés ou du recrutement de mineurs.

Ceux qui avoueront leurs crimes pourront éviter la prison et bénéficier de peines alternatives, mais dans le cas contraire, ils s'exposeront à des condamnations de 8 à 20 ans de prison.

La #Colombie signe un accord de paix historique avec les #FARC https://t.co/h77EJHJMOO- Le Monde (@lemondefr) 26 septembre 2016

*Né en 1964 d'une insurrection paysanne, ce conflit a fait plus de 260 000 morts en 52 ans. Et il s'agissait à 80 % de civils. 45 000 sont portés disparus.
Près de sept millions de Colombiens ont été forcés de quitter leurs terres, leurs foyers...*

Un référendum sur les accords de paix sera organisé le 2 octobre prochain : un rejet par les Colombiens provoquerait leur annulation, mais il semble peu probable.

#Colombie Les #FARC se préparent à la vie après le maquis https://t.co/iMbIxA0IZt- Le Monde (@lemondefr) 26 septembre 2016

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Publié le 26/09/2016

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