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Colombie : le difficile cheminement vers la paix

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Après trois échecs majeurs en 1984, 1991 et 1999, le processus de paix en Colombie avait passé un cap historique le 26 septembre dernier.

Ce jour-là, après quatre ans de tractations à La Havane, les autorités colombiennes et les FARC signaient un accord de paix devant 2 500 dignitaires étrangers, le secrétaire général de l'ONU, le président cubain et le secrétaire d'Etat américain, à Carthagène des Indes.

Une page de l'Histoire allait se tourner sur plus d'un demi-siècle de conflit, 260 000 morts, 45 000 disparus et 7 millions de déplacés...
Mais c'était sans compter le vote populaire....

Le texte final prévoyait notamment un cessez-le-feu définitif, la démobilisation de plus de 5 700 guérilleros avec prise en charge financière, la transformation de la guérilla en un mouvement politique légal, l'amnistie des crimes politiques et la mise sur pied de tribunaux spéciaux.

Des conditions qui n'avaient finalement pas remporté l'adhésion des Colombiens. Le 2 octobre, ils rejetaient l'accord de paix après une participation record de 63 % au référendum, un taux jamais atteint depuis des décennies.

Les partisans du 'non', dirigé par l'ancien président Alvaro Uribe, dénonçaient notamment le laxisme des sanctions à l'égard des auteurs de crimes graves.

'Je tiens à féliciter tous ceux qui ont fait l'effort de lire ces accords, qui veulent la paix, mais ont dit 'non' à l'accord de paix obtenu à La Havane Aux jeunes Colombiens, je dis ceci: 'La paix est fantastique, l'accord de paix de la Havane est décevant', calmait Uribe après les résultats.

La déception était en revanche immense chez les partisans du 'oui', notamment dans les zones les plus touchées par le conflit.

Le Président Juan Manuel Santos, lauréat du Prix Nobel de la paix 2016 pour ses efforts en faveur de la paix, accusait le coup et déclarait toutefois que le cessez-le-feu serait maintenu :

'A présent, nous allons décider ensemble du chemin à choisir pour aller vers la paix, pour que cette paix que nous voulons tous, puisse être possible et en sorte renforcée. Je n'abandonnerai pas, je continuerai à rechercher la paix jusqu'à la dernière minute de mon mandat.'

Et en effet, depuis fin octobre, les négociateurs nommés par le gouvernement et les FARC ont multiplié les réunions pour parvenir à un nouveau texte.

Selon le gouvernement, la majorité des points soulevés par l'opposition a été modifiée. Les FARC ont fait de nombreuses concessions.

Et c'est le 13 novembre que le gouvernement a finalement annoncé qu'un nouvel accord avait été conclu entre toutes les parties.
Il sera donc signé ce jeudi à Bogota. Et pour le valider, la méthode change, pas de référendum cette fois-ci, mais l'approbation du Congrès colombien.

Pour le gouvernement et pour les FARC, il est à présent urgent de mettre en oeuvre l'accord et de prendre des mesures concrètes contre les paramilitaires, qu'elles rendent responsables de la recrudescence inquiétante des récents assassinats ( membres des FARC, leaders sociaux, militants politique et de défense des droits de l'Homme).

Les groupes paramilitaires représentent une menace pour la réconciliation nationale.

La #Colombie signera jeudi à Bogota le nouvel accord de paix avec la guérilla des Farc - #AFP => https://t.co/av5DuqohBq pic.twitter.com/e7dDu8upzJ- Florence Panoussian (@Arroussiak) 23 novembre 2016

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Publié le 23/11/2016