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Chassaigne critique la "personnalisation extrême" de Mélenchon

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André Chassaigne n'a pas de "relation particulière" avec Jean-Luc Mélenchon : "Si on se croise une fois ou deux fois par an, c'est bien le maximum", explique le chef de file des députés GDR à l'Assemblée nationale, qui a critiqué, mercredi sur le plateau de Questions d'info, la "personnalisation trop forte" de l'ancien candidat du Front de gauche à l'élection présidentielle de 2012.

"Par définition, le Front de gauche doit être une aventure collective", a déclaré l'élu communiste. "On ne peut pas ramener la politique du Front de gauche à un individu, aussi talentueux soit-il." Le député du Puy-de-Dôme estime qu'il faut "sortir d'une personnalisation extrême" et "aller vers la parole multiple".

Les ambitions gouvernementales des écologistes "alimentent une vision désastreuse de la politique"

André Chassaigne a par ailleurs affirmé que le Front de gauche souhaite "dépasser" le socle qui est le sien, en nouant notamment des alliances avec les écologistes : "Il faut que l'on sorte d'un rassemblement qui est un carcan très limité, très corseté, vers un rassemblement qui soit beaucoup plus large. Il faut que l'on fasse tomber des murs."

L'élu communiste estime que le Front de gauche et Europe Ecologie-Les Verts peuvent "se retrouver sur une politique de défense de l'environnement mais qui est liée à la mise en cause de l'économie libérale" avant de pointer leurs "divergences, très fortes", sur la question du nucléaire.

Mais André Chassaigne a également dénoncé "le problème d'image" d'Europe Ecologie-Les Verts, qui, sur "les questions d'affichages d'ambitions, alimente une vision de la politique désastreuse". Une critique explicite adressée à certains élus écologistes, qui souhaitent rentrer au gouvernement.

Vote FN : "On n'a pas été capables de maintenir le lien avec les milieux défavorisés"

Le député communiste du Puy-de-Dôme a ensuite assuré que "la gauche" avait une part de responsabilité dans la montée du FN dans le vote ouvrier : "Quand le Parti communiste a fait le choix d'être un parti de gouvernement, il a cassé cette fonction tribunitienne, que l'on considérait d'ailleurs comme réductrice." Même s'il ne "regrette pas" cette décision, André Chassaigne estime qu'elle a été un "moment de rupture".

L'autre raison de l'abandon du PCF par les classes ouvrières est, selon le député, que celui-ci n'a pas été capable de "maintenir le lien avec les milieux les plus défavorisés et notamment la classe ouvrière". André Chassaigne dénonce un "éloignement par manque de présence sur le terrain" et la tenue d'un discours "tenu du haut, balancé vers le bas". Avant de conclure : "Si on ne redonne pas ses lettres de noblesse à la politique, on va aller vers cette désagrégation et les pires des choses peuvent se produire dans notre pays."

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Publié le 08/04/2015

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