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Carla del Ponte : “Il est urgent de rendre justice”

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Mort, souffrance, brutalité. Telle est la réalité du conflit syrien. Un peuple marqué à jamais et un pays ravagé, où rebelles et forces gouvernementales se battent pour le pouvoir pendant que le reste du monde se perd à trouver une solution. Et comme si cela n‘était pas suffisant, les tensions internationales laissent planer le spectre du guerre régionale.
Carla del Ponte, membre de la commission d’enquête indépendante des Nations Unies pour la Syrie est l’invitée de I-Talk cette semaine.

Carla de Ponte :
“Nous venons de rendre notre cinquième rapport qui dit que les crimes de guerres et les crimes contre l’humanité sont en hausse. Beaucoup plus de crimes sont commis, Il y a beaucoup plus d’agressivité, et comme le soulignaient déjà les précédents rapports, ces crimes sont commis par les deux camps.”

Isabelle Kumar, euronews :
Concernant les armes chimiques, il manque encore la preuve indiscutable de leur utilisation.

Carla de Ponte :
Exactement. Dans le rapport vous pouvez lire que nous avons identifié quatre endroits où des armes chimiques auraient été utilisées mais l’enquête n’est pas encore terminée. Le Secrétaire général a mis en place un système spécial pour enquêter, et nous avons besoin d’experts sur cette question, et je pense que maintenant que la Commission a pu établir que des armes chimiques ont été utilisées par le deux camps, il faut attendre que l’enquête soit correctement menée et achevée.

Isabelle Kumar, euronews :
Avez-vous encore de l’espoir pour cette conférence de Genève, compte tenu qu’il est très difficile pour l’opposition d’y prendre part, parce qu’elle n’est pas représentée ?

Carla de Ponte :
J’ai lu dans la presse des articles sur ces difficultés, mais j’ai toute confiance en la Russie et les Etats-Unis qui sont les deux pays qui organisent cette conférence. Peut-être que cela prendra du temps, mais j’ai de l’espoir, parce que la situation est réellement tragique, vraiment, vraiment tragique, et les victimes, les survivants espèrent pouvoir retrouver une vie normale, la démocratie, et plus particulièrement le respect des droits de l’Homme.

Isabelle Kumar, euronews :
Vous avez demandé par le passé que le régime de Bachar al-Assad soit tenu pour responsable devant la Cour Internationale de Justice (CIJ). Vous maintenez ?

Carla de Ponte :
Oui! Il est toujours urgent de rendre justice, malheureusment le Conseil de sécurité n’est pas d’accord. Il n’est pas possible pour la CIJ d’agir si le Conseil de sécurité ne va pas dans cette direction.
Donc il est possible de chercher d’autres solutions, cela pourrait être un tribunal ad hoc. Mais la CIJ, et nous le disons dans notre rapport, serait la meilleure solution. Surtout pour ceux qui portent les responsabilités, parce qu’il y a beaucoup de personnes à un niveau plus bas que la CIJ ne peut pas poursuivre. Ce sera la justice nationale ou un tribunal improvisé. Je pense que c’est très important, je sais de part mon expérience qu’il n’y a pas de paix sans justice. Je veux le confirmer, et j’espère sincèrement que la communauté internationale va agir très rapidement.

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Publié le 10/06/2013

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