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Cannes : “Eshtebak” ou un certain regard sur l’Egypte

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Mohamed Diab a eu l'honneur d'ouvrir à Cannes la sélection Un Certain Regard avec son film 'Eshtebak' (Clash). Cette sélection est un peu l'antichambre de la compétition pour la Palme. Le réalisateur avait été très remarqué avec son premier film Les Femmes du bus 678 (Cairo 678).

Il était accompagné de son actrice Nelly Karim, une des grandes stars égyptiennes d'aujourd'hui.

Pour lui, qui a été au coeur de la révolution égyptienne de 2011, Cannes est une formidable chambre d'écho...

Mohamed Diab : 'Je suis tellement flatté d'être ici. C'est le rêve de tout réalisateur. Et être ici avec le film d'ouverture c'est un très grand honneur. Je ne les remercierai jamais assez de m'avoir choisi. Et je remercie aussi énormément tous ceux qui ont travaillé sur le film, tous mes amis. Dès le premier jour c'était un rêve. Chaque fois que nous avons eu des moments difficiles, je leur disais que nous avions un rêve et qu'il fallait l'accomplir et nous l'avons fait.'

. . #Cannes2016 pic.twitter.com/DQ2q49akEQ- Mohamed Diab (@Mohameddiab678) 12 mai 2016

Le film est à la fois un huis-clos, puisque toutes les scènes se passent à l'intérieur d'un fourgon militaire, et un formidable film d'action grâce à un dispositif technique de multi-caméras.

Mohamed Diab : 'En fait pour le film nous avons pris la voiture et nous sommes allé au milieu des affrontements et de la folie. Et la caméra filme sur 360 degrés, parce qu'on voit tout par toutes les fenêtres du véhicule. Ca a donc rendu les choses plus compliquées. Et à l'intérieur du véhicule, il y avait toujours 25 personnes, donc on peut juste imaginer la difficulté pour coordonner le tournage à l'intérieur et à l'extérieur.'

Mohamed Diab et son frère qui a co-écrit le film ont donc enfermé 25 personnes, des Frères Musulmans, des pro-révolutionnaires, et même des pro-militaires, dans le même panier à salade de la police.

Mohamed Diab : 'Tout le monde dans ce film aurait pu être de la même famille, ils sont tous similaires. Ils ne se connaissaient pas mais ils sont comme n'importe quelle famille égyptienne. C'est très ironique et ce pourrait paraître exagéré mais il est très facile de trouver quelqu'un qui a un ami qui est policier et dont le propre frère était contre lui dans la même manifestation. C'est triste mais je pense que film arrive bien à parler de ça.'

Au fil du film et des épreuves, chacun va apprendre à regarder l'autre différemment, mais sans mièvrerie ou manichéisme.

Mohamed Diab : 'Ce qui se passe en Egypte ? c'est la question la question que l'on pose à la fin du film est ce que les gens vont réussir à survivre ou non ? C'est la question. Je n'ai pas la réponse mais je souffre, parce que je crois qu'à un moment on a vraiment touché le ciel, et maintenant on est retombé plus bas qu'avant la révolution. On a vraiment fait marche arrière.'

Le film a été très apprécié par les festivaliers, et est déjà vendu sur de nombreux territoires, en attendant une sortie en fin d'année 2016 sur les grands écrans.

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Publié le 16/05/2016

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