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Brésil : la loi dans la jungle dans les prisons

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La loi de la jungle, imposée par le crime organisé règne dans les prisons brésiliennes.
L’horreur quotidienne vécue dans cette prison de Pedrinhas, dans l’Etat de Maranhao, a éclaté au grand jour mardi lorsque le journal Folha de Sao Paulo a publié les images montrant les cadavres décapités de trois détenus aux torses criblés de perforations et brûlures. La scène, insoutenable s’est produite le 17 décembre dernier, suite à une rixe meurtrière entre factions rivales.

Amnesty International a comptabilisé 169 meurtres dans les prisons de Maranhao depuis 2007. Alexandre Ciconello : “Maranhao est un exemple terrible de ce qui se passe. Dans tous les Etats, vous avez un surpeuplement, des conditions précaires, des rébellions et un système incapable de resocialiser les personnes incarcérés. Il y a 548 000 détenus, et le système n’est capable d’en gérer qu’un peu plus de la moitié. Aujourd’hui, nous avons un déficit de 229 000 places dans le système pénitentiaire”.

Les prisons d’Urso Branco, dans l’Etat de Rondonia, et de Bangu à Rio de Janeiro ont aussi connu de violentes mutineries et des meurtres de détenus. Le système carcéral brésilien est rongé par la corruption des géoliers, et la violence à l’intérieur est hors controle.

L’ONU a appellé le Brésil à ouvrir une enquête et à poursuivre les responsables de la violence à la prison de Pedrinhas.

Mais le sociologue Anderson Silva est pessimiste sur l’engagement réel des autorités une fois le scandale disparu des medias : “il y a un certain cynisme malgré le tollé international sur cette situation au Brésil. Les gens font des commentaires, occupent les médias, mais on ne changera rien au fonctionnement du système pénal et à ses modes de contrôle. La peine de mort n’existe pas au Brésil. Puisque l‘État emprisonne des gens, il a rend la responsabilité des détenus qu’il met en prison, et il a l’obligation de protéger leur vie”.

Ce jeudi, le ministre de la Justice a annoncé un plan d’urgence comprenant 11 mesures pour faire face à la crise des prisons de Maranhao, et un investissement de 40,5 millions d’euros pour améliorer le système pénintentiaire.

Les conditions de vie à l’intérieur des prisons sont inhumaines, les prisonniers sont à 300 dans des cellules prévues pour 36 personnes, ils doivent se relayer pour dormir, attendre des jours pour pouvoir faire leur toilette.

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Publié le 10/01/2014

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