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Analyse : Où va la Catalogne ?

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L'incertitude a franchi ce mardi un nouveau cap au Parlement de Catalogne, quand son président à suspendu le débat sur l'investiture de Carles Puigdemont à la tête de la région.

Recherché par la police espagnole, Carles Puigdemont est en exil en Belgique. La Cour constitutionnelle a refusé que l'investiture ait lieu à distance. Une décision contestée par le président du parlement régional.

Au micro d'Euronews, la professeure de droit constitutionnel à l'Université de Barcelone Argelia Queralt décrit un vide juridique :

" Le président du Parlement peut retarder la session plénière jusqu'à ce que la Cour constitutionnelle décide si oui ou non elle accorde une investiture via internet. Au regard des antécédents, je pense que sa réponse sera négative, mais nous devons attendre jusqu'à la décision et voir si le président du Parlement l'acceptera, et soumettra une autre candidature. Il faudra alors regarder une nouvelle fois les délais qui sont fixés ".

" D'un point de vue juridico-politique, quand il y aura un nouveau gouvernement, l'article 155 disparaîtra et c'est pourquoi il est si important qu'il y ait un président de la Généralité, qu'il forme un gouvernement, pour que les institutions puissent revenir à une certaine normalité, ainsi que la vie politique, et cela ne veut pas forcément dire renoncer à avoir un président indépendantiste... Mais cela permettra de revenir dans le cadre constitutionnel et de réinstaurer le dialogue politique avec le gouvernement central, ce qui est absolument nécessaire ".

Gabriel Colomé, professeur de science politique à l'université autonome de Barcelone, envisage de nouvelles élections. Pour lui, si Carles Puigdemont a décidé de maintenir sa candidature, c'est pour se venger de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), qui l'a poussé à convoquer des élections en octobre dernier. Il décrit la division des partis indépendantistes.

" C'est la première fois que l'on visualise la rupture, la fracture, le divorce entre la Gauche républicaine et "Ensemble pour la Catalogne" : c'est à dire entre le parti d'Oriol Junqueras et la coalition électorale de Carles Puigdemont . Hier on a aperçu cette fracture quand le président du parlement, Roger Torrent, a décidé de reporter, et non pas suspendre la cérémonie d'investiture, sans prévenir personne et sans préavis. Il est devenu flagrant que la relation entre les deux partis est très abîmée".

"S'il essayent de l'écarter par la voie du vote, lui peut bloquer ce vote car il a 15 ou 19 élus qui peuvent s'abstenir de voter pour le nouveau candidat, qui ne parviendra jamais à accéder à la présidence. Où c'est lui, où se sont de nouvelles élections, car il a toutes les cartes en main et le contrôle de l'initiative politique au parlement".

Ce mercredi, la vice-présidente du gouvernement espagnol a demandé au chef du parlement catalan de proposer un autre candidat à la présidence de la région. En théorie, la chambre avait jusqu'à ce mercredi pour choisir un candidat...

mots-clés : Catalogne, Indépendance

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Publié le 31/01/2018
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