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Amnesty international accuse des policiers italiens de “torture” sur des migrants

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Des policiers italiens ont eu recours à des pratiques 'assimilables à de la torture' pour obtenir les empreintes digitales de migrants, affirme jeudi Amnesty International, qui rend l'Union Européenne en partie responsable de cette situation. La politique des 'hotspots', centres d'enregistrement décidés par l'UE pour faciliter l'identification des migrants à leur arrivée sur le sol européen, a poussé l'Italie à agir au-delà de la légalité et conduit à des 'abus choquants' de la part de certains policiers, explique Matteo de Bellis, coordinateur de ce rapport. Nombre de migrants refusent d'être identifiés à leur arrivée sur le sol italien afin de pouvoir s'installer ou déposer une demande d'asile dans le pays européen de leur choix.

Sur les 24 témoignages de mauvais traitements recueillis par Amnesty sur un total de 170 entretiens, quinze font état de coups donnés, y compris avec des matraques électriques, comme l'a raconté un Soudanais de 16 ans. 'Ils ont utilisé une matraque électrique plusieurs fois sur ma jambe gauche, puis sur la droite, ma poitrine, mon ventre. J'étais trop faible pour résister, à ce moment-là, ils ont pris mes deux mains' pour obtenir des empreintes digitales, a-t-il affirmé aux enquêteurs d'Amnesty. Deux autres témoignages font état de violences sur les parties génitales. Un jeune homme de 27 ans affirme ainsi avoir été contraint de s'asseoir sur une sorte de chaise percée en aluminium avant que la police n'utilise des pinces sur ses testicules, selon ce rapport.

Au regard de ces témoignages, Amnesty juge indispensable qu'une enquête indépendante soit diligentée, même si 'le comportement de la plupart des policiers reste professionnel et que la grande majorité des prises d'empreintes digitales a lieu sans incident'.

Amnesty dénonce également les conditions dans lesquelles sont interrogés les migrants, encore sous le choc d'un voyage traumatisant en Méditerranée où ils sont pour la plupart récupérés par des secouristes après des heures voire des jours entiers entassés sur des embarcations précaires. Sans réelle information sur leurs droits, beaucoup de migrants ne savent pas répondre aux questions qui leur sont posées, et certains risquent alors l'expulsion.

L'Italie, qui voit chaque jour le nombre de migrants croître dans la péninsule, s'efforce d'en rapatrier certains faute de pouvoir les 'relocaliser' ailleurs en Europe comme l'UE s'y était pourtant engagée. Elle a ainsi signé un accord en ce sens avec le Soudan, pays accusé par Amnesty International de violations des droits de l'homme. Amnesty cite le cas de 40 ressortissants soudanais mis dans un avion à destination de Khartoum. Sur place, une jeune homme de 23 ans contacté par l'organisation internationale a assuré avoir été sévèrement battu à son arrivée à l'aéroport par les forces de sécurité. 'Les autorités italiennes doivent mettre un terme aux violations (des droits de l'homme) et s'assurer que les personnes ne soient pas rapatriées dans des pays où elles prendraient le risque d'être persécutées ou torturées', écrit M. de Bellis.

Avec agence (AFP)

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Publié le 03/11/2016

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