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Afrique-Europe : défi migratoire et développement économique

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La Côte d'Ivoire figure parmi les pays d'origine de nombreux candidats africains à l'émigration en Europe. Faute de trouver un emploi, ils préfèrent chercher un meilleur avenir de l'autre côté de la Méditerranée. Aux côtés de l'Organisation internationale des migrations, l'Union européenne apporte une réponse à l'échelle de l'Afrique en finançant un dispositif de retour volontaire des migrants et en investissant dans le développement économique local. Découvrons l'exemple de la Côte d'Ivoire qui vient d'accueillir le Sommet Union africaine-Union européenne.

Abidjan se distingue par son haut niveau d'urbanisation pour l'Afrique de l'Ouest. Derrière l'apparente réussite de sa capitale économique, le pays reste en proie à de grandes difficultés sociales avec un taux de pauvreté qui a atteint environ 40% en 2015. De nombreux jeunes sans emploi tentent par tous les moyens, de rejoindre l'Europe. Rappelons que selon les chiffres de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et l'Union européenne, sur les 155.000 personnes arrivées en Europe entre janvier et novembre 2017, 114.000 d'entre elles ont rejoint l'Italie et la plupart venaient d'Afrique de l'Ouest (dont 8700 de Côte d'Ivoire).

'L'Eldorado, ce n'est pas forcément l'Europe'

Jean-Marie Gbougouri, ancien footballeur, a lui été approché par un agent qui l'a emmené en Tunisie. 'Dans les premières semaines, tout se passait bien et c'est après quelque temps que j'ai compris que c'était une arnaque parce qu'après je n'ai plus du tout revu la personne : elle s'est volatilisée avec les 2500 euros que je lui ai donnés, raconte-t-il. Donc, en fin de compte, je suis resté coincé là-bas sans rien, dit-il. Pour moi, l'Eldorado, ce n'est pas forcément l'Europe même si on rêve tous d'y aller - je rêve d'aller en Europe, mais pas dans ces conditions-là - assure-t-il. Je suis sportif, mais prendre le bateau pour aller en Italie, cela ne va rien changer à ma situation ; donc j'ai préféré rentrer, m'investir dans mon pays et voir la suite,' conclut-il.

Jean-Marie s'est aujourd'hui lancé dans une activité d'élevage de poulets. Comme lui, plusieurs centaines de migrants ont été aidés par l'OIM à rentrer en Côte d'Ivoire dans le cadre du dispositif de retour volontaire financé par l'Union européenne à l'échelle de l'Afrique. L'UE a ainsi aidé 15.000 personnes à retourner dans leur pays d'origine en Afrique sur les douze derniers mois, principalement vers l'Afrique sub-saharienne d'après la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

Sommet #Abidjan: des mesures pour endiguer le fléau de l'esclavage de #migrants https://t.co/LkRSqnJcYU via RFIAfrique #UE #UA- Pierre Pinto (_PierrePinto) 30 novembre 2017

'Il y a un aspect sur lequel il est important de travailler pour nous : c'est qu'une fois de retour, ces personnes ont besoin d'un soutien psychologique et psychosocial, souligne Marina Schramm, directrice de l'OIM en Côte d'Ivoire. On doit les aider à se créer de nouveau une identité, à reprendre confiance en eux, la formation est importante ; avec un diplôme, ils deviennent quelqu'un, ils ne rentrent pas sans rien,' explique-t-elle.

Le cacao, secteur porteur ?

Trouver sa place dans un pays qui est le premier exportateur mondial de cacao pourrait être facile. Reste qu'aujourd'hui, cette denrée qui représente 80 milliards d'euros par an est aux mains de seulement dix entreprises et que les rétributions accordées aux agriculteurs ont baissé notamment en raison d'une surproduction mondiale.

'Une coopérative en commerce équitable vend son cacao à un meilleur tarif, indique notre reporter Isabel Marques da Silva, mais la valeur ajoutée réside surtout dans la transformation : or cette étape n'est pas réalisée ici et les agriculteurs touchent moins de 10% du prix d'une tablette de chocolat fabriquée et vendue en Europe,' poursuit-elle.

Mais il y a des exceptions. En 2010, la Société coopérative équitable du Bandama près de M'Brimbo au nord-est d'Abidjan est devenue la première exploitation certifiée 'bio' et 'commerce équitable' de Côte d'Ivoire. Le projet réalisé grâce à l'aide de l'ONG française Rongead et de l'ONG ivoirienne Inades regroupe 66 cultivateurs. L'objectif à présent, c'est de transformer sur place, le cacao en chocolat.

Jean Evariste Salo, président de la société, nous en dit plus : 'Il va falloir qu'on ait un peu de moyens ou bien qu'on ait un formateur pour qu'au moins, on puisse faire sur place, un chocolat local. Vous-mêmes, vous le voyez, en Europe, les gens sont fatigués de manger des produits chimiques ; maintenant, ils commencent à demander du bio, donc vous voyez que le bio, c'est l'avenir,' insiste-t-il.

Côte d'Ivoire : Ouattara veut protéger les producteurs de cacao https://t.co/qJLnmvzPy0- Africanews Français (@africanewsfr) 18 novembre 2017

Opportunités du numérique

D'autres misent sur les nouvelles technologies. L'association Babylab créée dans un quartier pauvre et violent d'Abidjan enseigne l'informatique et la programmation aux enfants.

Le projet ne demande qu'à prendre de l'ampleur selon le fondateur de Babylab, Guiako Obin : 'Il y a beaucoup de lobbying à faire auprès des collectivités pour dupliquer le modèle dans d'autres régions de la Côte d'Ivoire ou de l'Afrique,' reconnaît-il.

Les opportunités du numérique, il en a aussi été question au 6ème Forum des affaires UE-Afrique. 'La priorité, c'est l'interconnectivité, l'accès aux informations de base et à des services plus transparents, plus abordables, en termes aussi de relations entre les particuliers et les administrations et entre les consommateurs et le marché,' estime Stefano Manservisi, directeur général Coopération internationale et développement à la Commission européenne, présent sur place.

Ce Forum était organisé en amont du Sommet Union européenne-Union africaine où l'ensemble des dirigeants se sont engagés à agir ensemble en matière de migrations, d'investissements, d'éducation et de maintien de la paix.

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Publié le 06/12/2017
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