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8 militaires turcs jugés pour “entrée illégale” en Grèce

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Les huit militaires sont arrivés le visage masqué et les mains menottés au tribunal d'Alexandroúpoli, en Grèce, ce jeudi. Les deux commandants, quatre capitaines et deux sergents sont jugés pour 'entrée illégale' sur le territoire grec et 'manque de soumission de plan de vol'. Ils avaient été arrêtés samedi et placés en détention provisoire après avoir atterri illégalement en hélicoptère à l'aéroport d'Alexandroúpoli (nord-est de la Grèce, près de la frontière).

L'un des prévenus a indiqué que lui et ses compatriotes 'avaient eu peur des arrestations massives de militaires' lors de la tentative du putsch en Turquie vendredi et c'est pourquoi ils avaient décidé de fuir leur pays. 'Nous voyions des arrestations de militaires sans distinction et nous avons eu peur (...) nous avions pensé aller soit en Bulgarie, en Roumanie ou en Grèce, pays proches, finalement nous avons choisi la Grèce', a-t-il déclaré à la présidente du tribunal d'Alexandroúpoli.

Le jugement est attendu jeudi après-midi. Ces officiers encourent jusqu'à 5 ans de prison et une peine administrative d'expulsion. Une peine qui pourrait toutefois être suspendue jusqu'à ce que les autorités grecques se prononcent sur la demande d'asile déposée par les prévenus.

De son côté, la Turquie suit de près ce procès. Elle accuse ces militaires d'avoir participé à la tentative du putsch et réclame ainsi leur renvoi pour qu'ils soient jugés en Turquie. Toutefois, aucune demande d'extradition officielle n'a été jusqu'ici adressée à la Grèce, selon le ministère de la Justice. Mardi, l'ambassadeur de Turquie a insisté sur la nécessité de renvoyer rapidement en Turquie les huit militaires turcs, soulignant que le contraire 'n'aiderait pas' les relations bilatérales. Si ce procès 'se déroule rapidement et qu'ils sont renvoyés dès que possible cela peut se transformer en quelque chose de très positif pour nos relations bilatérales; mais si ce n'est pas le cas, je crains que ça n'aide pas du tout et que le sentiment de l'opinion publique (turque) soit affecté', a estimé Kerim Uras devant la presse.

L'affaire est embarrassante pour la Grèce et risque d'envenimer ses relations avec son voisin qui restent toujours sensibles malgré une claire amélioration ces dernières années en matière de coopération économique. Quoique tous deux membres de l'OTAN depuis 1952, ils se chicanent en permanence sur des questions de souveraineté maritime et aérienne en mer Egée, qui sépare les deux pays. La Grèce a été néanmoins l'un de premiers pays à exprimer 'son soutien au gouvernement démocratiquement élu' de Turquie via un contact de ses services avec ceux du président turc Recep Tayyip Erdogan, dans la nuit de vendredi à samedi, une réaction rapide saluée mardi par M. Uras.

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Publié le 21/07/2016

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