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Hymne national, minute de silence, lecture collective du serment des députés : le nouveau Parlement ukrainien, largement dominé par les pro-occidentaux, a entamé sa première session ce jeudi matin. Les parlementaires ont été élus lors des élections législatives du 26 octobre. Normalement, cette session devait être ouverte par le député le plus âgé, en l'occurrence Ioukhim Zviaguilski, mais ce dernier est accusé par la presse de soutenir les séparatistes pro-russes. C'est un ancien allié du président destitué prorusse Viktor Ianoukovitch. Finalement, c'est le président de la législature précédente, Olexandre Tourtchinov, qui a ouvert la session. Avec AFP
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La tenue d'élections dans une Ukraine en plein conflit constitue déjà une avancée. Quant à savoir si elles aideront le gouvernement de Kiev à sortir de la crise, c'est une toute autre histoire. Le cessez-le-feu ne semble pas réel. Les troupes russes se sont retirées, mais le soutien de la Russie aux rebelles perdure. Les présidents russe et ukrainien se sont rencontrés. Vladimir Poutine a vu les dirigeants européens et les discussions en vue de la signature avant l'hiver d'un accord sur le gaz laissent espérer que la tension retombe. Le résultat des élections changera-t-il quelque chose ? Que doivent désormais faire l'Union européenne et les Occidentaux : assouplir les sanctions contre la Russie ou attendre de voir ? Parmi nos invités, Dmytro Kuleba, ambassadeur détaché d'Ukraine, estime pour sa part que 'l'issue de ce scrutin est un message clair adressé à tous - en Ukraine et hors de l'Ukraine - qui dit que notre pays veut être européen et démocratique et vivre en paix.' Quant à savoir si l'attitude du gouvernement ukrainien à l'égard des séparatistes peut évoluer, il assure : 'notre politique vis-à-vis d'eux va rester la même. (...) Nous sommes prêts à faire des compromis, mais il y a trois sujets sur lesquels nous ne négocierons pas : l'intégrité territoriale, la souveraineté et l'orientation européenne de l'Ukraine,' indique-t-il. Eurodéputé néerlandais libéral, Johannes Cornelis van Baalen s'est pour sa part rendu en Ukraine dans le cadre de la mission d'observation de ces élections par le Parlement européen. Il estime que l'issue de la crise est entre les mains du président russe Vladimir Poutine : 'c'est lui, l'agresseur, il pourrait stopper l'agression et dire : 'laissons les Ukrainiens gérer les choses eux-mêmes,' souligne-t-il, 'mettre la pression sur Poutine est la seule façon de sortir de cette situation,' dit-il assurant ainsi qu'un assouplissement des sanctions est inenvisageable pour l'instant. Enfin, pour Daniel Gros, directeur du Centre d'études des politiques européennes (CEPS) , une attitude plus souple des autorités ukrainiennes n'est pas totalement à exclure : 'un geste de paix pourrait intervenir, mais je doute qu'il aurait beaucoup d'effet parce que les rebelles dans l'est du pays savent très bien ce qu'ils veulent : leur propre mini-Etat indépendant et ce n'est pas quelque chose qu'un gouvernement ukrainien pourrait concéder,' insiste-t-il.
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En Ukraine, les débats sur la formation d'un gouvernement de coalition sont vifs. Trois jours après la tenue des législatives, alors que le décompte des voix n'est pas encore tout à fait terminé, le Premier ministre sortant Iatseniouk, certain que son Front Populaire est en tête des suffrages exprimés, a rejeté la proposition de coalition de Petro Porochenko. 'Je propose de nommer la nouvelle coalition 'Ukraine européenne', en hommage aux gens de Maïdan. Et c'est ce que le peuple attend de nous, que l'on concrétise l'accord passé entre l'Ukraine et l'Union européenne, que l'Ukraine devienne un pays européen' a-t-il déclaré en conférence de presse. Arseni Iatseniouk considère le bloc Porochenko comme un partenaire stratégique majeur, mais revendique la tête du gouvernement. Il appelle à la formation du futur gouvernement d'ici 20 jours. Et contrairement à Porochenko, il a ouvert sa coalition au Parti radical et au parti de la 'Patrie' de Ioulia Timochenko. Celle-ci a déjà fait savoir qu'elle soutiendrait la coalition, mais que son parti, qui ne rassemblerait que 5,6 % des suffrages, ne prétendrait à aucun poste ministériel. Arrivé en troisième place, la surprise des législatives, le parti Samopomitch, composé notamment de militants issus de Maïdan, appelle à commencer les pourparlers d'ici demain et propose que le projet de la coalition soit un compromis des deux propositions de Porochenko et Iatseniouk. Selon notre correspondante à Kiev, Maria Korenyuk, 'si les partis acceptent la proposition de Iatseniouk , ils devront donner les noms de leurs candidats à un portefeuille ministériel d'ici lundi. Le nouveau gouvernement devra alors être formé sur le modèle de la Commission européenne. Ce qui signifie que chaque candidat devra faire l'objet d'une audition publique qui serait retransmise en direct à la télévision.'
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Consécration des législatives ukrainienne en Europe et aux Etats-Unis. L'Union européenne a salué une 'victoire' de la démocratie. Le président américain a félicité les Ukrainiens pour des élections 'réussies' en dépit d'un environnement difficile. L'OSCE a cautionné un scrutin pluraliste et démocratique. Un scrutin qui a vu les partis pro-européens remporter une victoire écrasante, en tête desquels Le Front populaire du Premier ministre Arseni Iatseniouk à présent légitimé par les urnes. Cette victoire est aussi celle du président ukrainien Petro Poroshenko. Ce scrutin favorable lui laisse désormais les coudées franches pour mettre en oeuvre son plan de paix et sortir de l'orbite russe. Du côté de la Russie justement, l'issue du scrutin a un peu fait grincer des dents, mais le Kremlin a finalement reconnu les résultats de ces élections. Sur le sujet, le chef de la diplomatie russe s'est voulu pragmatique. 'Je suis sûr que nous allons avoir des gens à qui parler au sein du parlement ukrainien et dans le gouvernement, essentiellement, car la force de premier plan dans ce parlement sera le bloc de Petro Porochenko, qui est notre partenaire, le partenaire de notre président dans les accords de paix conclus à Minsk entre les autorités de Kiev et les rebelles de Luhansk et Donetsk. Et comme vous le savez, ces accords ont été conclus avec l'aide de la Russie et de l'OSCE', a dit Sergueï Lavrov. Il reste néanmoins une ombre au tableau. Dans la zone rebelle, les séparatistes prévoient d'organiser leurs propres élections le 2 novembre prochain. Problème. Si sur le fonds Kiev est d'accord, sur la forme, les modalités d'organisation divergent. Résultat, Kiev et les occidentaux risquent de ne pas reconnaître ces élections autoproclamées. La Russie, quant à elle a déjà dit qu'elle le ferait. Entretien avec Steven Pifer de la Brookings Institution, ancien secrétaire d'Etat adjoint américain (2001-2004) et ex-ambassadeur des Etats-Unis en Ukraine (1998-2000) Stefan Grobe, euronews : Je suis en compagnie, depuis la Brookings Institution, de Steven Pifer, ex-ambassadeur des Etats-Unis en Ukraine. Ambassadeur Pifer, parlons du point majeur de ces élections, le triomphe retentissant des partis pro-européens. Dans le même temps, les forces pro-russes sont en voie d'extinction. Était-ce le résultat espéré par Washington ? Steven Pifer : 'Washington espérait plusieurs issues pour ce scrutin et il y a deux bonnes nouvelles en la matière. La première concerne le processus électoral. Les observateurs de l'OSCE et d'autres observateurs internationaux ont donné à ces élections des notes élevées sur leur déroulement démocratique. C'était le premier espoir, que ce scrutin soit démocratique, que les résultats soient légitimes aux yeux de la population et qu'ils reflètent la volonté des électeurs. Donc, c'est une bonne nouvelle. L'autre tient au fait qu'une majorité de sièges au Parlement vont être occupés par des partis pro-européens et favorables à des réformes Je pense que Washington considère que c'est la suite logique des choses pour l'Ukraine. Donc, ce potentiel au sein du Parlement est un bon signe'. euronews : Le nouveau gouvernement devra faire face à d'immenses défis. Avec, bien sûr, la réticence de Moscou de voir l'Ukraine tisser des liens politiques et économiques étroits avec l'Europe. Allons-nous assister à une attitude beaucoup plus agressive et plus dure de Moscou envers l'Ukraine ? Steven Pifer : 'Jusqu'à présent, les Russes ne se sont pas montrés prêts à faciliter un règlement du conflit dans l'est de l'Ukraine, et puis bien sûr, il y a le problème à long terme de la Crimée qui reste à régler. Aujourd'hui, l'issue de ces élections ne satisfait probablement pas les Russes, même si le ministre russe des Affaires étrangères a déclaré que la Russie reconnaissait les résultats. Mais si vous regardez ce qui est arrivé, il n'y a qu'un seul parti, le Bloc de l'opposition, qui semble avoir des sympathies pro-russes. Une représentation si faible des pro-russes dans le nouveau Parlement est la faute de la Russie elle-même. Tout d'abord, l'agression contre l'Ukraine a cristallisé l'identité nationale en Ukraine qui maintenant se tourne vers le modèle européen. Deuxièmement, les électeurs de Crimée n'ont pas pu voter, comme ceux des régions de Donetzk et Luhansk. Or, il s'agit de zones où l'électorat est traditionnellement pro-russe. En empêchant les gens de voter, la Russie a gelé le vote pro-russe. Le résultat a été qu'aujourd'hui, seul un parti au parlement montre une ligne claire avec la vision de la politique russe'. euronews : Peut-il y avoir un retour de balancier si le nouveau gouvernement est incapable de créer des emplois, de stopper l'inflation et de lutter contre la corruption ? Steven Pifer : 'C'est une possibilité. Mais il me semble que le président, Petro Porochenko, et Arseni Iatseniouk, comprennent que l'Ukraine est face à une réelle opportunité et que manquer cette occasion serait destructeur pour le pays. Ils se mettraient l'Ukraine à dos pour des années voire des décennies'. euronews : Vous connaissez très bien l'Ukraine, vous y avez été l'ambassadeur des Etats-Unis. Si vous occupiez encore ce poste aujourd'hui, quel conseil donneriez-vous à Barack Obama ? Steven Pifer : 'Je pense que le message américain comme le message européen doit être politique. Kiev a une réelle opportunité de construire une coalition majoritaire au parlement, et peut-être même de faire passer des réformes constitutionnelles. Or, bon nombre de choses que veulent les Ukrainiens, comme, par exemple, une décentralisation du pouvoir au profit des régions, nécessitent une modification de la Constitution. La formation d'une coalition majoritaire permet au Premier ministre et au président de travailler ensemble. C'est la meilleure opportunité pour l'Ukraine, même si elle arrive dans des circonstances très difficiles. Donc, le message de l'Ouest, à mon avis, devrait être : commencez à travailler sérieusement sur des réformes qui concrétiseront les valeurs que vous avez défendues ces six ou sept derniers mois' .
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Sortis vainqueurs des législatives en Ukraine, les pro-occidentaux sont désormais à la recherche d'une coalition pour diriger le pays. Les différents partis vont néanmoins devoir surmonter leurs différences pour trouver un terrain d'entente. L'actuel président, Petro Poroshenko, a assuré vouloir former une alliance avec le Front populaire comme principal partenaire. Le Premier ministre sortant Arsenyi Iatseniouk s'est entretenu avec le chef de l'Etat, et a ouvert le bal des négociations. Le nouveau Parlement devra voter des réformes radicales destinées à sortir l'Ukraine d'une profonde récession, à lutter contre une corruption endémique et à la rapprocher de l'Union européenne.Nous avons interrogé Yuriy Lutsenko, chef du Bloc Petro Poroshenko. Dmytro Polonsky, euronews : 'Votre parti a gagné le plus de sièges lors de cette élection. Avec qui allez-vous vous allier ?' Yuriy Lutsenko, Bloc Petro Poroshenko : 'Notre victoire, comme celle des autres partis de Maïdan, offre à l'Ukraine une chance de mettre en oeuvre des réformes rapides qui ont été oubliées pendant de nombreuses années. La première chose que nous allons faire c'est proposer un accord de coalition avec un calendrier pour la mise en oeuvre des dizaines de réformes nécessaires à l'intégration à l'Union européenne. Nous nous focaliserons sur le rythme des réformes plutôt que sur la distribution des portefeuilles ministériels. Il nous faut prendre des décisions importantes très rapidement. C'est pourquoi nous disons : 'oublions la victoire, qui est premier, qui est second, nous voulons rassembler une grande équipe ukrainienne qui avance vers l'Union européenne.'' Dmytro Polonsky, euronews : 'Le Bloc Petro Poroshenko a déjà annoncé que l'accord de coalition était presque prêt. Pouvez-vous nous en donner quelques détails ?' Yuriy Lutsenko : 'Il y a tellement de réformes nécessaires qu'il va falloir aller dans plusieurs directions : réforme de la justice, de la fiscalité, des organes chargés d'appliquer la loi, du système de gouvernance locale, du service public. Nous sommes en train de parler de raser l'ancienne prison soviétique et reconstruire les fondations solides de la future maison européenne. Le message des électeurs est clair : ils ont mis le parti du président en tête, afin de soutenir son chemin vers l'UE. Les gens ont aussi donné leur vote de confiance au Premier Ministre Yatsenyuk et son parti, et aussi fait rentrer au parlement le nouveau parti des activistes de Maïdan, Self-Help. Ce parti sera un vrai stimulant pour les partis classiques, pour mettre en oeuvre des réformes rapides et radicalement pro-européennes.' Dmytro Polonsky, euronews : 'Peut-on s'attendre à ce que, après l'annonce du résultat des élections, l'accord de cessez-le-feu soit abandonné dans l'Est ? Parce que pour l'instant les forces gouvernementales ne peuvent pas répondre aux attaques quotidiennes des séparatistes ? ' Yuriy Lutsenko : 'Nous suivons strictement toutes les conditions du cessez-le-feu. Mais quand nos checkpoints ou positions sont attaqués, nous répondons de façon adéquate. Nous voulons la paix, et prenons en compte le soutien international et la solidarité vis à vis de l'Ukraine, il y a une chance pour la paix. Il y a de grandes attentes pour que la Russie puisse être en quelque sorte forcée à tenir ses promesses en vertu de l'accord, et cela va nous permettre de libérer le sol ukrainien avec moins de sang versé. Mais nous disons aussi ouvertement et honnêtement que nous nous servons du cessez-le-feu pour moderniser et renforcer les forces armées ukrainiennes. Evidemment nous souhaitons moins de sang et des résultats rapides. Mais les électeurs ont soutenu l'approche prudente et raisonnable. Les partis qui prônaient les attaques et les prises d'assaut tous azimut des villes rebelles, ont eu moins de voix qu'ils n'espéraient. Au contraire tous les partis pour la paix ont reçu plus de soutien.' Dmytro Polonsky, euronews : 'Vous avez dit précédemment que les chefs des organismes chargés de l'application des lois devraient être démis de leurs fonctions après les élections : vous parlez du procureur général, du ministre de l'Intérieur et du chef des services de sécurité, n'est-ce-pas ?' Yuriy Lutsenko : 'Les chefs de ces organismes seront remplacés si nous n'avons pas des résultats rapides aux enquêtes sur les affaires de corruption et les activités criminelles de l'ancien régime, si nous ne punissons pas les responsables de la mort des manifestants abattus à Kiev. Mais ils y travaillent.'
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Le revers était attendu, il s'est confirmé dans les urnes. En Ukraine, le bloc de l'opposition, réunissant les alliés de l'ancien président Viktor Ianoukovitch et conduit par l'ex-ministre de l'Énergie Iouri Boïko, obtient un score très faible. Il conserve cependant quelques députés à la Rada. Le constat est identique concernant le Parti radical du populiste Oleg Liachko et les nationalistes et radicaux de Svoboda. Ce sont donc les partis pro-occidentaux ukrainiens qui remportent haut la main ces législatives, avec, en tête, le Bloc du président Petro Porochenko, au coude-à-coude avec le Front Populaire de son Premier ministre Arseni Iatseniouk. Si cette victoire, d'une ampleur sans précédent depuis l'indépendance de l'Ukraine en 1991, fait dire au président Porochenko que les électeurs ont voté la confiance à son plan de paix, reste que près de trois millions d'Ukrainiens des régions de l'est du pays n'ont pas pu voter en raison du conflit entre les troupes ukrainiennes et les combattants pro-russes. Moscou a de son côté salué prudemment la victoire des partisans d'un 'règlement pacifique' de ce conflit. La presse russe, elle, a affiché son scepticisme. Il faut dire que si les forces pro-occidentales sont désormais fermement installées au pouvoir, elles souffrent de nombreuses divisions qu'elles vont devoir surmonter pour former une coalition. Les résultats du scrutin vus par Moscou Entretien avec Alexeï Pouchkov, Président de la commission des Affaires étrangères de la Douma Les résultats des élections législatives en Ukraine sont également très suivis à Moscou, et c'est depuis la capitale russe que nous a rejoints Alexeï Pouchkov, le Président de la commission des Affaires étrangères de la Douma. Andrei, Belkevich, euronews : Monsieur Pouchkov, bonjour. Avant tout, à quel degré peut-on considérer ce vote comme démocratique et juste, et est-il reconnu comme légitime par Moscou ? Alexeï Pouchkov : 'Moscou reconnaît ce vote. Quant à son caractère démocratique et juste, j'ai, personnellement, de sérieuses réserves. Je considère qu'étant donné la poursuite même limitée des combats dans l'est de l'Ukraine et le fait qu'une partie considérable de la population de cette zone n'a pas pu voter, ces élections n'ont pas pu engager tous les électeurs du pays. À part cela, nous savons tous dans quel climat ce scrutin s'est déroulé : les députés suspectés de protéger les intérêts de l'ancien gouvernement ont été littéralement jetés à la poubelle, sans parler de l'hystérie anticommuniste. On a aussi empêché le Parti des Régions de proposer ses candidats aux élections, donc pour moi personnellement ces élections n'ont pas été démocratiques'. euronews : Pour la première fois, des députés du Parti des Régions en tant que tel et du Parti communiste ne siégeront pas à la Rada. Il s'agit de formations qui ont été considérées par certains aspects comme pro-russes. Comment, dans ces conditions, Moscou compte-t-elle construire des relations avec Kiev ? Alexeï Pouchkov : 'Personnellement, je ne considère pas le Parti des régions et le Parti communiste comme pro-russes. Je crois qu'il s'agissait bien de partis pro-Ukrainiens, mais le fait même de leur absence au parlement réduit le champ de la représentation parlementaire. Notez aussi que 47 % des électeurs ne se sont pas rendus aux urnes. Cela aussi en dit beaucoup. Parmi les partis présents qui présentaient seulement la plate-forme nationaliste, les gens ne savaient pas pour qui voter. Ils ne voyaient tout simplement pas leur candidat. Ne l'oublions pas. En ce qui concerne la composition actuelle de la Rada, elle va simplement des ultra-nationalistes à ceux simplement nationalistes. Comment la Russie va construire des relations avec Kiev ? Je pense qu'il faut poser cette question à l'Ukraine. Comment compte-t-elle construire ses relations avec Moscou, puisque, à mon avis, aujourd'hui, l'Ukraine dépend, en grande partie, de relations commerciales et économiques normales avec la Russie - beaucoup plus que la Russie ne dépend de l'Ukraine ?. Donc, c'est à Kiev, à l'Ukraine, de décider comment elle veut construire des relations avec la Russie. Et à partir de là, les choses deviendront plus claires pour nous'. euronews : En ce qui concerne la composition de la Rada, certains partis nationalistes comme celui de Secteur droit, n'entreront pas au parlement. Cela signifie-t-il que la menace du nationalisme radical en Ukraine a été en quelque sorte surestimée ? Alexeï Pouchkov : 'A mon avis, cette menace n'est pas surestimée puisque le nationalisme radical est implanté dans d'autres partis, notamment le Front Populaire d'Yatseniouk. Le Parti radical de Lyachko représente lui aussi le nationalisme radical, et si vous comptez toutes les voix qui ont été données aux nationalistes-radicaux, c'est-à-dire, au parti de Lyachko, Svoboda et Pravy Sector, vous vous apercevez que cela représente quelque 15 %. C'est un chiffre très significatif. Parallèlement, les opinions des nationaux-radicaux se retrouvent dans la pratique politique en Ukraine, par des représailles contre ceux qui ne sont pas d'accord, par cette politique de terreur contre les communistes... Donc, non, je ne crois pas que la menace soit surestimée. Je pense que le facteur nationaliste-radical joue, malheureusement, un rôle considérable'. euronews : Alexeï Pouchkov, Président de la commission des Affaires étrangères de la Douma, merci.
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Même si la ligne de front est toute proche, un tiers des électeurs se sont rendus aux urnes selon la commission électorale. Un scrutin qui symbolise ici en concentré les divisions de l'Ukraine si l'on en croit ces deux électeurs : 'nous soutenons le président et son parti aussi. Les gens ont voté pour lui il y a peu de temps, ils lui ont accordé leur confiance ainsi qu'à son parti', estime cette électrice pro-Porochenko. 'Je soutiens le bloc de l'opposition. Ils promettent tous des tonnes de choses mais je pense que ceux du bloc de l'opposition feront ce qu'ils ont promis. Il n'y aura plus de guerre, nulle part et surtout ici parce qu'ici il y a encore des opérations, des combats', explique ce jeune électeur. Une plus forte participation oui, mais pourquoi ? Deux facteurs essentiels selon cette analyste politique : beaucoup moins de violence, et plus de sécurité : 'il est facile d'expliquer pourquoi le taux de participation est plus élevé que lors de la présidentielle de mai dernier. A ce moment là, il y a avait encore des combats dans la ville et les gens avaient peur d'aller voter. Ils ne savaient pas s'ils pouvaient voter ou s'ils risquaient leur vie en se rendant aux urnes. Cette fois, la sécurité était assurée, les soldats ont protégé le territoire et l'extérieur des bureaux de vote', affirme cette analyste politique interrogée par nos correspondants. Ville côtière et industrielle de l'est de l'Ukraine, Marioupol avait été prise par les rebelles pro-russes en avril dernier avant de repasser sous le contrôle des autorités de Kiev deux mois plus tard.
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Une nouvelle classe politique et un rapprochement avec l'Union européenne, voilà ce que l'on peut retenir des premiers résultats des législatives anticipées de ce dimanche, en Ukraine. Les partis pro-occidentaux ont cumulé environ 70% des suffrages. 'Les résultats du scrutin annoncent une nette victoire des forces démocratiques pro-européennes, pro-ukrainiennes, et cela nous donne beaucoup de possibilités pour développer le pays et engager les réformes', s'est félicité le président ukrainien Petro Porochenko. Le Parlement ukrainien s'apprête ainsi à changer radicalement de visage et à incarner davantage l'esprit de la contestation de Maïdan, qui exigeait plus de démocratie, plus de réformes et plus d'Europe. 'Nous avons 10 jours pour créer - je l'espère - le meilleur gouvernement en Ukraine, car aucun autre gouvernement ne fera face aux défis auxquels le pays est confronté aujourd'hui', a ajouté Petro Porochenko. Sur fond de récession économique et de conflit armé entre forces ukrainiennes et rebelles séparatistes dans l'est du pays, l'Ukraine doit notamment engager des réformes de la justice, des structures de l'Etat, et lutter contre la corruption. 'Je viens d'avoir une réunion avec le président ukrainien, et nous allons, dans les meilleurs délais, former la coalition, a déclaré le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk, à la tête du Front populaire. Je souhaite que le nouveau gouvernement soit formé exclusivement de personnes compétentes, capables de conduire les réformes en Ukraine.' Les questions de la guerre dans l'est et de la fermeté vis à vis de Moscou pourraient être âprement négociés lors de la formation de la coalition.
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C'est une des surprises de ces législatives : le score du mouvement Samopomitch mené par le maire de Lviv, Andriy Sadovyi. Cette formation arrive en troisième position, d'après les sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote. Samopomitch, qui signifie 'auto-assistance', rassemble des représentants de la société civile ainsi que des combattants revenus de l'est. Ce score reflète une profonde volonté de changement. C'est en tout cas ce que pense Andriy Sadovyi. 'Les Ukrainiens veulent être dirigés par des gens libres et indépendants, des auto-didactes, des gens qui ne soient pas liés aux oligarques, assure-t-il. C'est pour cela que dans notre liste, nous n'avons aucun ancien ministre, aucun de ces anciens députés qui par leur action ou leur inaction, ont contribué à plomber le pays'. En revendiquant un tel changement, ce parti s'inscrit dans la ligne des doléances formulées au début de l'année par les manifestants qui s'étaient mobilisés sur la place de l'Indépendance. Et aujourd'hui encore, le changement est un leitmotiv sur 'Maïdan'... 'Je voudrais que les choses changent, dit un homme croisé sur la fameuse place de l'Indépendance. Je voudrais un vrai changement. En tout cas, j'espère qu'il n'y aura plus au parlement tous ces gens du parti des régions, l'ancien parti majoritaire sous Ianoukovitch'. Un peu plus loin, une femme précise : 'non seulement, je veux qu'il y ait beaucoup moins d'élus du Parti des régions, mais aussi et surtout je veux qu'il n'y ait plus de communistes au parlement. Je voudrais que le nouveau parlement soit meilleur que l'ancien'. 'On veut de nouvelles têtes, affirme un jeune homme. On veut écrire une nouvelle page'. Et sa compagne d'ajouter : 'on espère que ce sera une belle page'...
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Marioupol est une des grandes villes de l'est de l'Ukraine. Cité industrielle, elle est stratégique car c'est un des principaux ports de la mer d'Azov, entre l'Ukraine et la Russie. Attaquée par les séparatistes en juin dernier, elle a été défendue par les troupes gouvernementales, notamment les hommes du 'bataillon Azov'. Plusieurs d'entre eux sont allés voter ce dimanche, puisqu'à Marioupol, le scrutin a pu se tenir, contrairement à Louhansk et Donetsk, les villes tenues par les séparatistes. 'La plupart d'entre nous, nous sommes affectés à des check-points, explique un des soldats de ce bataillon. Un premier groupe est venu pour voter pendant que les autres sont restés en poste. Ensuite, nous avons permuté'. Dans cette ville, une partie des habitants soutient le pouvoir à Kiev, l'autre y est farouchement opposée. 'Ce que je veux, dit cette femme, c'est vivre en paix. On veut faire partie de l'Ukraine. Surtout quand on voit ce qui s'est passé en Transdniestrie (région de l'est de la Moldavie qui a déclaré son indépendance en 1990, soutenue en sous-main par la Russie, NDLR) : les gens vivent dans une grande précarité.' 'Moi, je ne vais pas voter, lâche un habitant : je fais pas confiance aux hommes politiques !' 'Moi, je ne soutiens pas le régime actuel, commente un autre habitant. Ce sont ces gens qui ont déclenché cette guerre. Moi, j'étais favorable au précédent régime. Avec eux, au moins, on était payé. Je suis contre la guerre. C'est pour ça que je vote contre ceux qui mènent la guerre. Mon vote va à ceux qui étaient au pouvoir du temps de (l'ancien président déchu, Viktor) Ianoukovitch.' 'Marioupol est près de la ligne de front, explique Maria Korenyuk, l'envoyée spéciale d'euronews, mais ici, les gens vivent dans une relative sécurité. Les lois ukrainiennes s'appliquent. Même s'il y a eu des suppressions de postes, beaucoup de gens ont un travail. Ces élections permettront de voir si la population ici est prête ou non à accepter le futur gouvernement à Kiev.'
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Dans l'ouest de l'Ukraine, le scrutin semble se dérouler dans le calme. La partie est apparemment élevée. C'était déjà le cas lors des derniers scrutins. Lviv est un des foyers du nationalisme ukrainien. Dans cette ville, les électeurs étaient nombreux ce dimanche matin dans les bureaux de vote. 'Je suis venu tôt, avant d'aller à l'église, explique ainsi Bohdan. D'abord je vote, et ensuite, je vais prier pour que ceux que j'ai choisi l'emportent. Je n'attends pas grand chose de ce scrutin. Mais j'ai quand même un peu d'espoir. En fait, ce que je crains, c'est qu'après ces élections, il faille revoter'. Un peu plus loin, Oleksandra raconte qu'elle aussi est venue de bonne heure. 'Ce que j'attends de ce scrutin, dit-elle, ce sont des changements, une amélioration des choses. Pour cela, il faudrait de nouvelles têtes. C'est important. On représente une jeune génération. On aime notre pays. On voudrait que tout se passe bien. Y a beaucoup de gens qui quittent le pays. Moi, je veux rester. Je veux que les choses s'arrangent.' Ce qui revient souvent dans les commentaires des électeurs, c'est l'envie de paix et de stabilité dans le pays. 'Cette journée de vote aura été ensoleillée après plusieurs jours de pluie et même de neige, commente Mykhaylo Dubyak, l'envoyé spécial d'euronews à Lviv. Cela a incité les électeurs à sortir de chez eux et à aller voter, pour renouveler le parlement en dépit de la crise et des combats dans le Donbass. Parmi ceux qui se sont rendus de bonne heure dans les bureaux de vote, beaucoup disent avoir voulu d'abord remplir leur devoir de citoyen avant d'aller à l'église.'
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29 partis en lice pour les élections législatives anticipées https://twitter.com/poroshenko de dimanche et une tendance qui se dégage chez les électeurs ukrainiens. Le bloc Porochenko, du nom du président élu en mai dernier, arriverait en tête des sondages avec plus de 30 % des intentions de vote suivi d'autres formations pro-occidentales comme le Front populaire du Premier ministre Arseni Iatseniuk ou le Parti de la Patrie de Ioulia Timochenko. 'Je regarde les débats télévisés, et je n'ai pas encore décidé pour qui j'allais voter, explique une habitante de Kiev, mais je pense que je vais choisir le Bloc Porochenko ou le Front populaire de Iatseniouk.' 'Je pense que ces élections n'ont pas de sens et je n'ai pas pris ma décision, explique un jeune homme, peut-être que je me déciderai le jour même du vote.' Pas de sens peut-être parce que la paix n'est pas encore revenue dans l'Est et parce qu'environ 5 millions d'électeurs sur un total de 35 seront privés de vote dimanche. Agression against Ukraine won't continue. We are too close to reaching peace. pic.twitter.com/QlPQ6mjLDQ- (@poroshenko) 30 Août 2014 Dans les régions de Donetsk et Louhansk, en partie contrôlées par les séparatistes pro-russes, des élections auto-proclamées auront lieu le 2 novembre. Et le cessez-le-feu n'est toujours pas complètement respecté. 'Every day, every night, we are on the two border crossing points observing the situation.' - Paul Picard http://t.co/sH3rM5MS6C #Ukraine- OSCE (@OSCE) October 22, 2014 Les observateurs de l'OSCE vont avoir recours à ce type de drones pour pouvoir mieux identifier qui rompt la trêve. Our first UAV up in the air near Mariupol on its maiden flight. 24/7 operation envisaged pic.twitter.com/0vn3Fra4t4- (@OSCE_SMM) October 23, 2014 Le conflit a fait plus 3 600 morts et 824 000 déplacés depuis le début de l'année.
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