Un ex-candidat de l’expédition Mars One, supposée être un aller-simple vers la planète rouge d’ici 2025, a estimé qu’il s’agissait d’une arnaque financière et "sectaire".

Il faisait partie des 100 derniers candidats sélectionnés pour la mission Mars One. Pourtant, Joseph Roche, assistant professeur à l’université Trinity à Dublin (Irlande), a préféré décliner l’offre, jugeant qu’elle était loin d’être sérieuse. Le projet, qui vise à envoyer 12 hommes et 12 femmes sur la planète Mars en 2025, serait en effet "irréaliste". Interrogé récemment par le magazine en ligne Medium, l’ancien candidat décrit l’opération comme une vaste arnaque financière et "sectaire". Des allégations qu’il a également confirmé mercredi dans une lettre ouverte au quotidien britannique The Guardian.

Un fonctionnement particulièrement douteux

Le Dr Joseph Roche a ainsi confié au site n’avoir "jamais rencontré qui que ce soit de Mars One en personne". "Ils disaient qu’il y aurait des entrevues régionales, où on subirait des tests sur plusieurs journées, et cela me semblait un processus légitime de sélection d’astronaute", a-t-il expliqué. Une promesse non tenue puisqu’à la place, le recrutement des candidats s’effectuait à la suite d’un entretien d’une dizaine de minutes sur Skype.

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Pire encore, les finalistes auraient été sélectionnés non pas en fonction de leur profil, mais de l’argent qu’ils ont investi dans le projet. "Lorsqu’on se joint à la ‘communauté Mars One’, ils commencent à te donner des points", a confié le professeur. Et de poursuivre : "tu reçois des points pour chaque étape de la sélection que tu franchis, et ensuite, la seule manière d’obtenir des points est d’acheter des produits dérivés Mars One et de leur donner de l’argent". Comme le souligne Le Journal du Geek, Mars One suggère fortement à ses candidats de monnayer leurs interviews, dont ils reverseraient 75% du montant.

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L’entreprise n’en est pas à son premier coup dur. En février, le projet Mars One avait déjà été victime des critiques de la presse britannique, comme le rapporte 20 minutes. Cette dernière avait notamment révélé que l’expédition coûterait plusieurs dizaines de milliards de dollars, loin des six milliards annoncés initialement.

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