Vous avez peut-être suivi dimanche le saut de 39 kilomètres en chute libre de Felix Baumgartner... L'homme souhaitait pouvoir franchir le mur du son, et il a remporté son pari. Mais au fond, ça sert à quoi ?

L'autrichien Felix Baumgartner a franchi le mur du son dimanche en sautant de 39 kilomètres de hauteur en chute libre. Depuis quelques jours, on ne parle que de cela dans la presse, mais vous vous êtes peut-être demandé à quoi cela avait servi en réalité... Au-delà du remarquable exploit sportif, y a-t-il un véritable intérêt ?

Interrogé par l'AFP, des experts en aéronautiques ont répondu oui. Bernard Comet, ancien médecin des astronautes français au Centre national d'études spatiales (CNES) explique que "ce type d'exploit reste utile pour des vols d'essais. Il prouve qu'on peut faire des éjections à très haute altitude, ce qui n'avait pas encore été fait".

Michel Viso, responsable des programmes d'exobiologie du CNES, ajoute que "ça peut avoir un intérêt opérationnel lorsqu'on prépare des vols habités en se disant, qu'effectivement, en cas de problème, on peut éjecter les passagers à des altitudes très hautes avec un scaphandre autonome et un parachute".

"Sur un plan scientifique, on n'a pas appris énormément de choses"Mais les deux experts préviennent : cela ne pourrait être possible que si la vitesse est faible ! En effet, pour sauter, Felix Baumgartner est parti d'une vitesse de 0 km/h. Selon Michel Viso, "si on rentre à 7 km/s dans l’atmosphère en scaphandre", vitesse à laquelle les vaisseaux spatiaux reviennent sur Terre, "on va être brûlé et le scaphandre avec". Cependant, il est "sûr que les ingénieurs peuvent prendre ça en compte pour envisager certaines solutions de secours".

En attendant, les deux spécialistes précisent bien que les milliers de sauts en parachute de l'autrichien ont évidemment joué dans la réussite de son pari. Son expérience lui a permis d'éviter la perte de connaissance par exemple. "Au-delà d'un certain nombre de tours par minute", explique Bernard Comet, "vous perdez connaissance, avec le voile gris puis le voile noir, en raison de l'accélération trop forte qui prive le cerveau de sang. C'est la syncope. Ce peut être aussi le voile rouge en cas d'afflux de sang au cerveau".

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Et Michel Viso d'ajouter que "dans cette phase instable, Baumgartner s'est très bien débrouillé, il a su maîtriser les rotations et a réussi rapidement à se stabiliser". En attendant, "c'est un exploit individuel, sportif, technique [...] mais pour l'instant, sur un plan scientifique, on n'a pas appris énormément de choses".

Revivez son saut en images :

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