Free a décidé de bloquer la pub pour les utilisateurs de sa Freebox Révolution. Une fonctionnalité installée d’office sur les box grâce à une mise à jour qui suscite de nombreuses réactions car elle n’est pas sans poser problèmes. Explications.

Il y a un an, Free annonçait des tarifs sur les mobiles défiant toute concurrence. En ce début d’année, le fournisseur d’accès à internet fait de nouveau le buzz : le FAI a décidé jeudi de bloquer les pubs sur internet pour ses abonnés. Une décision qui devrait réjouir les utilisateurs dérangés par les encarts publicitaires, mais qui a aussitôt suscité de nombreuses protestations parmi les acteurs du web. Dans une mise à jour de sa Freebox Révolution, Free a en effet activé une fonction qui permet de filtrer le contenu, et notamment de bloquer la pub, sur les sites visités par l’internaute. Une fonctionnalité imposée à l’utilisateur, puisqu’elle a été activée par défaut sur les box. Des voix se sont rapidement élevées contre cette mesure prise d’office par Free, dont celle de Fleur Pellerin, la ministre de l’Economie numérique, qui souhaite rencontrer au plus vite les dirigeants du FAI.

Une fonctionnalité imposéeConcrètement, qu’est-ce qui pose problème ? Tout d’abord le fait que cette fonctionnalité ait été installée d’office sur les box. Contrairement à d’autres applications qui doivent être téléchargées pour être installées, cette fonction « adblocker » s’active par défaut dès que la Freebox est mise à jour et redémarrée. Il s’agit pour l’heure d’une fonction expérimentale, mais les acteurs du web réclament que cette fonctionnalité ne soit qu’une option, que l’internaute choisirait lui-même d’activer ou non. « Là, Free a décidé sans prévenir personne d'activer par défaut un filtrage qui n'est en rien paramétrable. Des millions d'abonnés seront concernés, et seule une toute petite poignée saura qu'il est possible de désactiver le filtrage » explique le site spécialisé Numerama.

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Mais ce qui pose le plus de problèmes, c’est que de nombreux sites internet vivent grâce aux revenus publicitaires. Or sans pub, pas de chiffre d’affaire, ce qui pourrait être très préjudiciable à de nombreux sites web, en particulier les sites gratuits. Autre grief : cette fonctionnalité parasiterait Google Analytics, un outil qui sert à mesurer les audiences sur internet. Les internautes équipés d’une Freebox deviendraient ainsi invisibles et ne seraient plus comptabilisés comme visiteurs. Free est donc attendu dans le bureau de la ministre pour discuter de cette nouvelle mesure. 

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