La Nasa a annoncé son projet d’envoyer une sonde sur Europe, satellite de Jupiter. En cause ? L’hypothétique présence d’un immense océan sous-terrain, peut-être berceau de formes de vie telles que microbes, bactéries ou même poissons. 

Europe. © Nasa

Et s’il y avait des poissons en Europe ? Non, pas le continent, mais le satellite de Jupiter. Cette immense sphère de glace, où règne un froid à faire grelotter le pôle Nord, est actuellement dans le collimateur de la Nasa. L’Agence a en effet pour projet d’y envoyer une sonde afin de vérifier plusieurs assertions quant à son hypothétique écosystème. Avec l’espoir d’y dénicher organismes microbiens, bactéries, et peut être même poissons.

Objectif Europe

La Nasa a déclaré consacrer 15 millions de dollars des ses 17,5 milliards de budget 2015 à l’amorce des recherches en vue de l’envoi d’une sonde à l’horizon 2025. Une somme qui, bien que dérisoire comparée aux 2 milliards nécessaires, révèle néanmoins la volonté de l’Agence de percer une fois pour toutes les secrets d’Europe. Son homologue européen, l’ESA, a également annoncé sa volonté d’en découdre et organise, pour 2022, la mission JUICE, prévoyant une arrivée sur Europe en 2030.

Deux fois plus d’eau que sur Terre

S'il y a de la vie dans le système solaire, le satellite de Jupiter s’avère en être l’hôte idéale. Par son froid abyssal, variant entre -160 et -220°C, celui-ci est recouvert d’une croûte glaciaire dont l’épaisseur atteindrait les 20-25km. Mais contre toute attente, Europe serait également composée d’eau tant liquide que gazeuse. En témoignent notamment les immenses geysers perçant sa surface et s’immisçant parfois à quelques 100km d’altitude. Autant d’indices qui poussent les astronomes à parier sur l’existence d’un océan sous-terrain de quelques 150km de profondeur. L’énergie produite par l’influence gravitationnelle exercée par Jupiter expliquerait cette présence massive d’eau liquide – deux fois plus que sur Terre – malgré les températures qui y règnent.  

Bouillabaisse de l’espace

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La sonde Galileo y a révélé en décembre dernier la présence de minéraux fortement similaires à ceux constituant la boue argileuse. Probablement amenée par la chute d’un astéroïde en compagnie d’autres éléments, ceux-ci constitueraient la condition sine qua none à toute apparition d’une forme de vie. Autant d’indices indiquant la présence d’organismes microbiens et autres bactéries, telles qu’en existent sur Terre, au fond des océans, au cœur de températures extrêmes. Mais pas seulement. En effet, certains chercheurs affirment que l’oxygène y serait présent en quantités suffisantes pour permettre à des organismes plus complexes, tels que des poissons, d’y survivre. Qu’en est-il ? Réponse en 2030. 

 

En vidéo : le bruit des planètes dans l'espace :