La plus importante offensive informatique jamais effectuée a ciblé une société de filtrage de contenus web. Les répercussions sur le réseau sont encore tangibles.

Internet qui rame, des bugs à répétition, des téléchargements qui tournent au ralenti : la tentation est grande est d'invectiver Dieu, votre unité centrale voire de casser son clavier. Pourtant, cette fois, la cause de tous vos désagréments est connue : la plus grosse cyber-attaque de l'histoire a eu lieu mercredi 27 mars et les répercussions se font encore sentir. La genèse de cette affaire met aux prise Cyberbunker et Spamhaus. Nous ne sommes pas dans Matrix, mais dans l'univers impitoyable des affaires sur le web.

Deux géants du webCyberbunker est une société d'hébergement internet, basée en Hollande, bien connu des geeks et des hackers. La société est notamment célèbre pour héberger n'importe quel type de contenu hormis ceux liés à la pédophilie et au terrorisme. Cyberbunker est donc devenu l'Eldorado des sociétés de spams, ces fenêtres publicitaires intempestives qui empoisonnent la vie de millions d'internautes. De l'autre côté du ring, Spamhaus, une des plus importantes sociétés de filtrage de contenu web. La décision est prise de bloquer les contenus en provenance de Cyberbunker.

L'équivalent de la bombe d'HiroshimaEtrange coïncidence, Spamhaus est alors rapidement la cible d'une cyber-attaque massive, de type DDoS. C'est l'équivalent du largage de la bombe atomique sur Hiroshima, la plus importante offensive de tous les temps sur le web. Les DDoS, Distributed Denial of Service, sont un type d'attaque classique qui vise à surcharger les serveurs-cibles pour les rendre inaccessibles. Des flux distribuant 50 Go/ permettent généralement de mettre hors service un site gouvernemental. Mais l'offensive débutée le 27 mars contre la société de filtrage équivaut à 300 Go/.

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"Debout par miracle""Nous sommes toujours debout, mais c’est un miracle. Une attaque de cette puissance devrait être en mesure d’abattre n’importe quoi d’autre. Par exemple, le site du gouvernement anglais pourrait être rayé instantanément de la surface du Web" a expliqué Steve Linford, directeur de Spamhaus à la BBC. Sa société a décidé de traîner Cyberbunker en justice, mais les preuves manquent. Selon elle,  Cyberbunker se serait allié à des organisations mafieuses russes et d'Europe de l'Est pour réussir son coup. 

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