On le croit réservé aux hard-rockers, aux néo-punks ou à ces jeunes femmes branchées. Pourtant, le tatouage n'est ni l'apanage des jeunes, ni celui de telle ou telle tribu. Il se cache parfois sous le plus impeccable costume-cravate... Témoignage d'un senior tatoué.

Tatouage à tout âge

J'avais moins de 30 ans lorsque j'ai poussé pour la première fois la porte d'un tatoueur. Cela s'est passé en Belgique et c'est"Rocky" qui a orné mon épaule gauche. Je n'étais pourtant pas prédisposé à m'adonner à cette pratique : personne dans ma famille ne portait le moindre tatouage. Mon choix s'est fixé sur une très classique rose (avec ses épines!), devant laquelle se superposait une banderole que j'ai prudemment laissée vierge.

Je n'avais guère envie de laisser cette charmante rose orpheline. Lors d'un voyage à Montréal, j'ai voulu ramener un souvenir local : l'idéogramme du coq chinois sur l'épaule droite. Le tatoueur, trop occupé à déblatérer sur ses confrères, a cochonné le boulot. C'est le frère de Rocky qui a "rattrapé" le travail avant d'apposer en dessous un duo de serpents bleutés. La quarantaine entamée, le démon du tatouage m'a repris. Je me suis alors converti au tatouage "tribal" : un sur l'omoplate droite, suivi rapidement d'un autre sur le mollet droit.

Cachez ce tatouage que je ne saurais voir

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Ma carrière professionnelle évoluant, j'ai du troquer mes jeans, T-shirts et chemises décontractées pour le costume-cravate. Dans ce look qui est devenu une seconde peau, je me fais souvent la réflexion suivante : quel serait le regard de mes interlocuteurs qui me témoignent généralement un minimum d'attention en raison de mon âge et de mon expérience, s'ils me croisaient au bord d'une piscine ?
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