Euro 2016 : faut-il maintenir les fans-zones ?

Les menaces terroristes qui planent sur l’Euro 2016 de football inquiètent les autorités, et s’immiscent dans le débat politique. Les déclarations autour de l’Euro et des fans zones, ces espaces de rassemblement des supporters, se multiplient dans les médias.

Les mesures mises en place sont-elles suffisantes ? Pourquoi certains réclament-ils la fermeture des fans-zones, voire l’annulation de l’Euro ? Tour d’horizon de la situation, à quelques semaines du coup d’envoi.

"Fans-zones" : à 2 semaines du début de l’Euro, le mot est sur toutes les lèvres. Environ 8 millions de supporters, venus de toute l’Europe, devraient se rendre dans ces espaces avec écran géant pour regarder les matchs et faire la fête ensemble. Ils sont installés dans les 10 villes-hôtes du tournoi et accessibles gratuitement. Plutôt anodin en apparence. Mais ces grands terrains de rassemblement sont devenus, en quelques semaines, de véritables sources de tensions politiques.

Plusieurs milliers de supporters s’y retrouveront à chaque match. Une cible facile pour une attaque selon David Douillet. Le député Les Républicains a déclaré samedi sur Europe 1 : "100.000 personnes sous la tour Eiffel, un objectif apporté sur un plateau à Daech".

Pourquoi de telles inquiétudes ? Notamment parce que sécuriser les fans-zones est à la charge des villes, et certaines sont à la peine. Les sociétés privées missionnées pour la surveillance sont débordées. Même si 24 millions d’euros ont été débloqués uniquement pour cet objectif, le manque de personnel pose problème. Il n’y a pas assez d’agents de sécurité pour fouiller et contrôler à l’entrée un tel afflux de spectateurs.

Mais les municipalités sont inventives, et ne sont pas à court de solutions. Comme la ville de Lyon, Nice a prévu d’installer des portiques de sécurité à chaque entrée, permettant ainsi un contrôle plus rapide et plus fluide tout au long de l’Euro. Les forces de polices et de gendarmerie viennent également en renfort dans d’autres zones à risques, comme les abords des fans-zones mais aussi des stades et des aéroports.

Nice fait d’ailleurs figure d’exemple, avec ses 124 agents et sa vingtaine de caméras de surveillance déployées autour de la place Massena. D’autres communes comme Bordeaux n’ont réussi que très récemment à réunir leur quota d’agents, mais elles seront prêtes pour le jour J.

L’ampleur de l’événement semble plutôt inquiéter les élus parisiens. Dans la capitale, qui accueillera la plus grande fan zone, des mouvements "anti" émergent. Le souvenir du 13 novembre 2015 reste vivace, et les parisiens se sentent plus concernés par la menace. Le député-maire parisien Philippe Goujon réclame la suppression pure et simple des zones, par mesure préventive. Et il n’est pas le seul : la présidente du FN, Marine le Pen, prône toujours l’interdiction de toutes les manifestations pendant l’état d’urgence.

Il est peu probable qu’ils soient entendus. L’Euro est, et doit rester, un événement populaire et rassembleur. Manuel Valls a rejeté la fermeture des fans-zones en bloc, comparant l’Euro au tour de France ou au Festival d’Avignon : un événement à poursuivre, pour ne pas sombrer dans la peur. Nicolas Sarkozy déclare lui que les fans-zones sont "un risque". Un risque oui, mais un risque à prendre. Et les Français sont d’accord : 79% d’entre eux se déclarent favorables à un maintien de l’événement, malgré la possibilité d’une attaque.

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