Le ministère de l'Intérieur a récemment vu son accès à sa page Wikipédia bloqué. En cause : ses modifications un peu trop fréquentes sur sa propre page. 

©CC/Flickr/David Holmes (illustration)

Selon le Canard Enchaîné paru ce mercredi, l'encyclopédie participative Wikipédia aurait coupé l'accés du ministère de l'Intérieur à sa propre page.Ce dernier aurait tendance à trop souvent réécrire les textes le concernant.

La page du ministère serait sans arrêt modifiée par les fonctionnaires qui y travaillent. A force, elle serait même devenue un lieu de règlement de compte. Le site collaboratif accuse ainsi le ministère de "Vandalismes, attitude non-collaborative, (…) passages en force, pistage des contributions d’autrui et foutage de gueule en prime" , rapporte le Canard EnchaînéSi bien que Wikipédia a donc décidé le 18 décembre dernier de bloquer l'adresse IP 212.234.218.196, le numéro d'identification de la place Beauvau, pour un an.

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Ce n’est pas la première fois

Les gestionnaires du site avaient déjà averti plusieurs fois le ministère avant de couper définitivement son accès à sa propre page sur l’encyclopédie. Le Canard Enchaîné rapporte qu’en 2013, un des fonctionnaires aurait "tenté à six reprises, en l'espace d'une demi-heure, de modifier la fiche du préfet de police de l'époque, Bernard Boucault, afin d'effacer la trace de ses démêlés avec les opposants au mariage pour tous". Le ministère avait alors été bloqué temporairement sur le site.

Le 21 aout dernier, un des utilisateurs de l’adresse IP avait de nouveau effacé une "partie de la fiche de présentation de l'encyclopédie avant d'écrire 'sale batar' (sic) sur une autre page", indique encore l’hebdomadaire. Le 9 décembre le site avait lancé un "dernier avertissement" accusant les fonctionnaires du ministère de "vandalisme répété" . Les gestionnaires du site avaient alors écrit : "Veuillez cesser immédiatement toute dégradation de Wikipedia. Au prochain acte de vandalisme, vous serez interdits en écriture".

Depuis 2007, 4000 modifications ont été effectuées depuis certains postes du ministère de l’Intérieur, selon un des administrateurs du site qui s’est confié à l’AFP. Le site a également précisé que depuis 2008 l’adresse IP du ministère avait déjà été bloquée huit fois, généralement pour une durée de quelques jours voire un mois.

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Mercredi sur Europe 1, le porte-parole a indiqué que le ministère allait procéder à des "investigations internes" pour tenter de retrouver les postes qui auraient pu émettre ces message sur Wikipédia. Le Canard Enchaîné a annoncé que le ministère allait également "se rapprocher de Wikipédia afin de voir comment éviter qu'un incident de même type ne se reproduise à l'avenir". 

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