Chef d’entreprise lillois, Gauthier Toulemonde part ce lundi en Indonésie. Pendant 40 jours, il va vivre comme un Robinson sur une île déserte tout en continuant à gérer sa société à distance. Un véritable défi pour quelqu’un qui ne savait pas pêcher il y a encore quelques semaines ! Interview.

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Planet : Qu’est ce qui vous a poussé à partir vivre une telle expérience ? Que cherchez à démontrer ?Gauthier Toulemonde : C’est un  rêve d’enfant qui remonte à quand je lisais Jules Verne ou que je regardais James Bond. Mais cette aventure est aussi celle mon équipe. Nous sommes une petite société : 9 personnes travaillent à la rédaction de Timbres Magazine et de l’Activité Immobilière, et toutes sont très motivées par ce projet. Notre idée est de montrer qu’avec les nouvelles technologies et les énergies renouvelables, il est possible de vivre autrement en préservant l’environnement. Notre principal objectif est donc de voir si cela fonctionne en milieu extrême pour ensuite promouvoir le travail à distance.

Planet : Concrètement, à part du sable, des palmiers et l’océan à perte de vue, de quoi disposerez-vous sur l’île ?Gauthier Toulemonde : Je serai équipé de matériel solaire fourni par la société Lland et qui sera utilisé en partie la nuit. Nous pourrons ainsi tester sa capacité à stocker l’énergie et à se recharger, y compris dans de mauvaises conditions météo. J’aurai également deux ordinateurs portables et un téléphone satellitaire. Le matériel est d’excellente qualité et facile d’utilisation. C’est ce qui me rassure ! Je trouve quand même assez incroyable le fait que je vais pouvoir travailler 8 heures par jours sur mon ordinateur, dans de bonnes conditions et ce, en ne consommant que 30 watts en continu, contre 6000 en quand je suis en France !

Planet : Vous êtes-vous entraîné à pêcher, camper, etc. avant de partir ?Gauthier Toulemonde : Cela fait six mois que je me prépare pour cette expédition car, contrairement à ce que pensent de nombreuses personnes, partir sur une île déserte pendent 40 jours n’a rien de paradisiaque. C’est même dangereux, surtout lorsque l’on part en haute mer pour pêcher. D’autant que faute de pouvoir me libérer à un autre moment, j’y serai pendant la pire période de l’année. J’aurai tous les deux jours de la pluie et probablement de fortes tempêtes. L’entraînement a donc consisté à m’apprendre à pêcher pour me nourrir, à identifier ce qui sera nécessaire à ma survie et à déterminer de combien de litre d’eau j’aurai besoin chaque jour.

Planet : Avez des appréhensions ?Gauthier Toulemonde : Je redoute un peu le sentiment de solitude. Je pense que l’on peut se sentir très seul malgré Internet. Un paradis insulaire peut par ailleurs vite devenir en enfer. Une panne d’ordinateur, des panneaux solaires défectueux, de violentes tempêtes, un problème physique ou la rencontre avec des serpents peuvent vite transformer l’aventure en cauchemar quand il n’y a personne pour vous aider ! En ce qui concerne ma nourriture je ne m’inquiète pas trop car, même si je ne réussis pas à pêcher tous les jours, j’aurai des rations de riz. Je récupérerai par ailleurs l’eau de pluie. Il faudra toutefois que je fasse attention aux risques de carences alimentaires car 40 jours, c’est plus long qu’on ne le croit.

Planet : Raphaël Domjan, l’homme qui a réussi le premier tour du monde en bateau avec pour seule énergie le solaire, vous accompagnera les trois premiers jours. Que va-t-il faire?Gauthier Toulemonde : Raphaël Domjan m’a proposé sa collaboration après que je lui ai parlé de mon projet. Initiateur et chef de l’expédition du PlanetSolar, son expertise technique est immense. Il va donc m’accompagner sur l’île les trois premiers jours afin que nous puissions mettre en place et tester les installations solaires.

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Planet : Comment votre entourage a-t-il réagi à l’annonce de votre départ ?Gauthier Toulemonde : Cela fait six mois que je prépare ce projet. Et puis j’ai déjà participé à d’autres expéditions : en 2005 quand j’ai accompagné Jean-Louis Etienne à Clipperton (une île française inhabitée située à 1.200 km d’Acapulco), en 2006 quand je me suis rendu en Amazonie en pirogue et en 2010 quand j’ai rejoint le PlanetSolar  pour une étape. Les réactions de mon entourage ont donc été très positives. Une question d'habitude sans doute.

Planet : Avez-vous d’autres ‘projets fous’ en tête :Gauthier  Toulemonde : Oui absolument, mais chaque chose en son temps…

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