Bientôt cinq ans après le crash du vol Air France reliant Rio (Brésil) à Paris, une contre-expertise accable l’équipage. Selon le document, cette catastrophe aérienne aurait pu être évitée s’ils avaient eu "quelques actions appropriées".

©AFP

L'accident du vol Rio-Paris qui s’est crashé dans l’océan Atlantique en juin 2009 aurait pu être évité. C’est l’une des principales conclusions qui ressort du rapport de contre-expertise ordonnée dans le cadre de l’enquête judiciaire portant sur ce drame. Selon le document dévoilé mardi, l’appareil s’est abîmé à cause d’une "réaction inappropriée de l’équipage après la perte momentanée des indications de vitesse". Les simulations et les expertises "ont clairement établi la prédominance des facteurs humains dans les causes de l'accident et dans les facteurs contributifs", affirment les cinq experts dans leurs conclusions. Selon eux, "l’accident aurait pu être évité, et cela par quelques actions appropriées de l’équipage". Dressant un rapport accablant pour l’équipage de l’avion, le collège d’experts fournit par ailleurs une liste de facteurs contributifs à ce crash et ce, par ordre d’importance. "L’absence d'analyse structurée de la panne présente", "la non-compréhension de la situation" et "la répartition des tâches dans le cockpit qui n'a pas été appliquée de manière rigoureuse", détaille-t-il notamment.

La compagnie Air France est également pointéeOutre le personnel naviguant, le rapport de la contre-expertise pointe également des négligences au sein même d’Air France. La compagnie aérienne est en effet mise en cause pour son "absence de directives claires (…) malgré plusieurs cas analogues faisant suite à des givrages des sondes Pitot et donc un retour d'expérience insuffisant", mais aussi pour "l’insuffisance" de la formation qu’elle a donnée à ses pilotes "dans l’application de la procédure IAS douteuse". Celle-ci sert en cas de givrage des sondes Pitot et quand l’avion perd subitement ses indications de vitesse.

Publicité
Le 1er juin 2009, le vol Air France reliant Rio (Brésil) à Paris s’est crashé dans l’océan Atlantique près des côtes brésiliennes, ne laissant aucun survivant. En tout, 228 passagers et membres d’équipage sont décédés. La contre-expertise dont les résultats ont été communiqués mardi a été ordonnée en 2013 après qu’une première contre-expertise a été présentée aux familles des victimes un an plus tôt.

Viodéo sur le même thème - Crash du vol Rio-Paris : les pilotes responsables