Valérie M. se présente comme la dernière compagne du dessinateur tué dans l’attentat de Charlie Hebdo en janvier dernier. Selon elle, les enquêteurs ne fouillent pas suffisamment du côté des relations de Charb avec le Proche-Orient et ne tiennent pas assez compte des éléments troublants qui ont précédé sa mort. Plus de détails.

Dix mois après l’attentat à Charlie Hebdo, Valérie M. est sortie de son silence. Au cours d’un entretien accordé au Parisien, celle qui se présente comme "la dernière compagne de Charb" a fait des "confidences troublantes". "La vérité sur l’attentat de Charlie Hebdo est encore loin", a-t-elle affirmé. Selon elle, les enquêteurs négligeraient un certain nombre d’éléments.

De curieux investissements étrangersAlors que les comptes du journal satirique n’étaient pas en bonne santé, Valérie M. a expliqué que son directeur cherchait des fonds pour lui éviter la faillite. Il s’est rapproché "d’hommes d’affaires, notamment du Proche-Orient, avec qui il passait des soirées", a-t-elle raconté, assurant même que la veille de sa mort, Charb lui aurait confié avoir trouvé les 200 000 euros qu’il recherchait. "Je lui ai demandé comment, il m'a répondu : 'Mes soirées où je fais du charme à des riches dignitaires, eh bien ça a fini par payer !'", s’est-elle souvenue. Et celle-ci de s’interroger à propos de cette "troublante coïncidence" : "Qui a payé ? Où se trouve cette somme et comment a-t-elle été réglée ? Peut-il y avoir un lien avec les événements du 7 janvier ?". Des révélations d’autant plus étranges que, ainsi que l’a rapporté un membre de l’équipe du journal qui a préféré rester anonyme, les statuts de Charlie Hebdo n’autorisent que les dons et empêchent tout investissement extérieur aux salariés. "Je vois mal un de ces riches hommes d'affaires mettre de l'argent dans une entreprise sans en attendre le moindre retour sur investissement", a commenté l’ex-collègue de Charb.

Le vol de son ordinateur, une semaine avant l’attentatValérie M. a par ailleurs profité de son entretien au Parisien pour revenir sur des éléments troublants qui se sont déroulés quelques jours et même quelques heures avant la mort de son ex-compagnon. Des éléments dont elle a fait part à la police mais dont celle-ci n’a pas suffisamment tenu compte à son goût. Il y a d’abord eu le cambriolage du domicile du dessinateur une semaine avant la tuerie et au cours duquel son ordinateur avait été volé. "Je m'étonne que les enquêteurs ne cherchent pas à savoir si d'autres personnes ou d'autres intérêts pourraient se cacher derrière les frères Kouachi. On ne peut pas se contenter de la seule thèse du terrorisme islamiste", déplore aujourd’hui son ex-compagne.

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Une voiture "bizarre" en bas de chez lui le matin de sa mortAssurant avoir passé la nuit qui a précédé la mort de Charb avec ce dernier, Valérie M. a également raconté qu’il était soucieux le matin de l’attentat. "Après le réveil, Charb est parti chercher des croissants à la boulangerie. En revenant, il avait l’air soucieux : il m’a raconté avoir repéré en bas de son immeuble une voiture noire aux vitres teintées, de marque Peugeot ou Renault, je ne me rappelle plus précisément. Il n’était pas du genre à s’inquiéter pour rien, mais là, ça le perturbait. Il répétait : ‘C’est bizarre cette voiture’". Et Valérie M. d’ajouter que Charb avait fait une demande de port d’arme au ministère de l’Intérieur pour "pouvoir se protéger tout en reprenant  une vie un peu plus normale (sans policiers pour le protéger, ndlr)", mais que celle-ci lui a été refusée.

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