Deux gendarmes ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) mardi. La justice leur reproche d’avoir "arbitrairement" retenu un syndicaliste en marge d’un déplacement de Nicolas Sarkozy dans l’Allier en 2010.

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Excès de zèle ? Selon les informations de La Montagne, deux officiers supérieurs de gendarmerie ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) mardi. Les faits qui leur sont reprochés remontent à 2010. Lors d’un déplacement de Nicolas Sarkozy, alors encore président de la République, les deux militaires auraient "arbitrairement" interpellé et retenu un syndicaliste susceptible de perturber cette visite. Ils sont ainsi accusés d’ "acte attentatoire à la liberté individuelle commis arbitrairement par une personne dépositaire de l’autorité publique dans l’exercice de ses fonctions" et encourent à ce titre, une peine de prison pouvant aller jusqu’à sept ans.

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"Préoccupés avant" par le souci "d’éviter le moindre incident"Ce jour-là en 2010, les deux gendarmes ont identifié dans la foule un homme répertorié par les services de renseignements comme étant un syndicaliste "militant d’extrême gauche à fort potentiel perturbateur". Désireux que la visite du chef de l’Etat se déroule sans encombre, ceux-ci ont alors interpellé l’homme et l’ont retenu près de 4 heures dans leurs locaux. Estimant avoir fait l’objet d’une "arrestation abusive", le syndicaliste avait ensuite porté plainte contre les deux hommes. La justice reproche ainsi à ces derniers d’avoir été "préoccupés avant tout" par le souci "d'éviter le moindre incident lors de la visite présidentielle" et d'avoir ordonné la mise à l'écart du militant syndical "en dehors de tout cadre légal". Le tribunal devrait se prononcer définitivement sur leur sort le mois prochain.

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