Les images de la chemise en lambeaux du DRH d'Air France avaient fait le tour du monde il y a trois semaines. Celui-ci a accepté de revenir sur son agression dans une interview au Parisien ce lundi.

Près de 3 semaines après la tenue d’une réunion annonçant un plan de restructuration menaçant 2 900 postes, le directeur des ressources humaines d’Air France, Xavier Broseta, est revenu sur l’épisode dont les images avaient fait le tour du monde. Une scène durant lequel il s’était fait agresser par des employés de la compagnie aérienne en colère et où sa chemise avait été déchirée. Dès le début de la réunion avec le comité central d’entreprise, "l’ambiance (était) tendue", a-t-il raconté au Parisien ce lundi.

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"Vers 10h15, (les manifestants) sont près du siège. A ce stade, nous avons encore confiance dans le portail. Tout s'accélère quelques minutes plus tard, je reçois un texto d'un collègue qui est dehors, dans la foule : 'Evacuez'. Le secrétaire de la séance, un syndicaliste de la CGT, souhaite poursuivre les discussions, pensant 'qu'il n'y a pas le feu' puis tout est confus", a relaté Xavier Broseta. Des responsables syndicaux ont alors tenté de le protéger. "C'est la cohue, ça pousse, ça tire, on tente d'aller dans une autre salle. Ma veste se déchire, je la prends dans mes bras avec mes affaires. Nous sommes poursuivis, a-t-il rapporté. Quelqu’un m'attrape par derrière, tire le col de ma chemise, si fort que le bouton du col lâche. On me tire fort vers l'arrière et moi je tire fort dans l'autre sens pour me dégager. Tous les boutons sautent, ma chemise y reste". Afin d’échapper aux manifestants, le directeur des ressources humaines n'a alors eu d'autre choix que d'escalader une grille.

"Nous ne sommes pas dans un esprit de vengeance"

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Et alors que 5 salariés sont poursuivis par la justice pour violences en réunion et que 18 autres sont visés par des procédures de sanctions, Xavier Broseta a annoncé avoir porté plainte. "Certaines formes de violence n'ont pas leur place dans une négociation", a-t-il expliqué. Par ailleurs, il a affirmé ne pas être dans "un esprit de vengeance", regrettant seulement de "ne pas avoir été compris par certaines personnes".

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